Funchal, Eira do Serrado et Curral das Freiras

Ce matin, c’est grasse matinée. Les vacances c’est aussi fait pour se reposer !

En fin de matinée, Laurent et moi partons pour une balade. L’appartement que nous louons est situé à l’est de la vieille ville, à 20 mètres de la mer et de la « plage » de Barreirinha. Idéal pour découvrir Funchal tranquillement.

J’ai mis « plage » entre guillemets car Madère n’est pas du tout une destination balnéaire. Il y a très peu de plages de sables. La plupart sont constituées de gros galets ou parfois d’une dalle de béton. Pas hyper glamour ni très confortable !

Le quartier Santa-Maria à Funchal

La « plage » au pied du fort

Le quartier Santa Maria est réputé pour ses portes peintes. Celle-ci représente justement le fort situé juste à côté :

Le marché, animé et coloré

Le temps est un peu couvert depuis ce matin. Après un bon burger à la terrasse du Barreirinha Bar Café, nous hésitons sur le programme de l’après-midi. J’avais prévu d’aller à Curral das Freiras et au point de vue d’Eira do Serrado mais je crains qu’on ne soit dans les nuages car c’est en altitude. On tente quand même.

Le belvédère d’Eira do Serrado

En route, nous traversons effectivement les nuages, les essuie-glaces se mettent en marche, mais finalement nous les dépassons et nous retrouvons au soleil, au-dessus des cumulus qui tentent de gagner du terrain mais restent bloqués par la montagne.

Le mirador d’Eira do Serrado est à 1095 mètres et offre une vue stupéfiante sur les villages nichés dans le cirque formé par de hautes montagnes qui semblent infranchissables. Le village de Curral das Freiras a été le refuge des nones de Funchal qui ont fuit les pirates au XVIe siècle. Vu l’isolement du village et les voies d’accès à l’époque, elle ont dû y trouver la tranquillité qu’elles recherchaient !

On distingue bien les cultures en terrasses, les poios typiques de Madère.

Le mirador d’Eira do Serrado vu depuis Curral das Freiras en bas :

L’église de Curral das Freiras

Le quartier de Monte à Funchal

De retour à Funchal 15 minutes plus tard, nous sommes de nouveau sous les nuages ! On fait un tour dans le quartier de Monte. Il y a ici un beau jardin tropical à visiter mais ça ne nous emballe pas trop les jardins… Par contre l’église est jolie.

Au pied de l’église partent les carreiros. Ce sont des traîneaux en bois et osier manœuvrés à l’aide de cordes par deux conducteurs. Le but du jeu est de dévaler les rues dont la pente peut atteindre 30%, voire davantage. La pente des routes ici est parfois ahurissante ! Ça doit être assez marrant mais un peu attrape touriste…

Levada do Caldeirao verde

L’une des randonnées les plus populaires de Madère.

A Madère, la majorité des itinéraires de randonnées suivent des canaux (les levadas) qui permettent à l’eau de s’écouler des montagnes vers les zones plus sèches en contrebas. Beaucoup servent à l’irrigation des cultures et certaines sont utilisées pour produire de l’électricité. Les plus anciennes levadas datent du XVe siècle. Et quand on voit certains passages abruptes, à flanc de montagne, on imagine la rudesse des conditions de construction de ces canaux.

Dans le guide Rother, la levada do Caldeirao verde (n°28) et la levada do caldeirao do inferno (n°29) qui se fait à la suite, font partie du Top 5 des randos à faire à Madère.

Nous commençons la randonnée à 10h45, depuis le parking du parc forestier das Queimadas. Il ne coûte que 2,5€ la journée, pourtant certains se garent sur la route étroite pour ne pas payer…

Du début à la fin de la rando, on marche le long de la levada do Caldeirao verde, sous le couvert des arbres (cèdres, hêtres, lauriers, bruyères…), entourés d’une végétation luxuriante laissant parfois apercevoir la côte nord ou une cascade. De l’eau ruisselle le long des hautes parois et des plantes, on se mouille la tête et les pieds. Ce parcours est d’une beauté sauvage magnifique. On se croirait dans la jungle ! Dépaysement assuré !

L’itinéraire est ponctué de 3 tunnels qui nécessitent d’être équipé d’une lampe. Certains passages étant étroits et bas, il faut faire attention à la tête et aux pieds pour éviter de s’assommer ou de marcher dans les flaques et la boue. Axel n’a pas assez baissé la tête et s’est pris une pierre qui dépassait du plafond. Heureusement qu’il avait sa casquette pour limiter les dégâts !

Le chemin qui suit la levada est souvent réduit au simple rebord du canal, qui parfois n’excède pas 30 centimètres. Autant dire qu’il est difficile de se croiser ! Il faut faire marche arrière ou se coller à la paroi pour laisser passer des gens. Mieux vaut aussi ne pas trop souffrir de vertige car l’abîme n’est jamais loin. On a vu une dame, qui faisait partie d’un groupe, arriver toute tremblante au Caldeirao verde ; je ne sais pas comment elle a réussi à faire le retour qui s’effectue par le même chemin !

Le chemin le long de la paroi et le vide en dessous
Le Caldeirao verde (chaudron vert) et sa cascade de 100 mètres de haut

Après le pique-nique, nous décidons de ne pas poursuivre jusqu’au Caldeirao do inferno. Cela représente presque 5 km de plus avec un dénivelé et des tunnels encore plus étroits et bas que ceux déjà traversés. Axel et moi ne sommes pas chauds ! D’ailleurs, sur le retour, les douleurs de dos commencent à apparaître, les mollets tirent et les cuisses chauffent ! 3 jours de marche, après des mois de confinement nous ayant poussés à l’inactivité, c’est trop pour nos muscles peu entraînés !

Pour se remettre de ces 13 km de marche (sans dénivelé) avalés en 4 heures, rien de tel qu’une petite douche et une bonne poncha maison ! El Rei da poncha nous a séduits le premier soir alors on retourne y goûter pour voir si elle est toujours aussi bonne 🙂 Et on confirme, elle est toujours excellente, tout comme leur Nikita ananas… ?

Santana

Nous avions prévu aujourd’hui une randonnée dans le nord de l’île, vers le Pico Ruivo qui est le point culminant de Madère avec une altitude de 1862 mètres. Mais à quelques kilomètres de l’arrivée, un panneau « route barrée » nous a stoppés. Vue la largeur des routes, nous n’avons pas osé tenter d’avancer, ne sachant pas si nous pourrions faire demi-tour.

Nous nous sommes rabattus sur une petite randonnée de 4,5 km, facile, dans la forêt primaire composée notamment de lauriers géants (laurisylve) classée au patrimoine mondial naturel par l’Unesco. Nous sommes partis de Pico das pedras en direction du parc forestier de Queimadas.

Au parc de Queimadas, on trouve une auberge au toit de chaume et quelques sentiers forestiers. C’est surtout le point de départ de la randonnée vers le Caldeirao verde que nous ferons demain.

Pour nous remettre de notre déception, nous déjeunons au Cabo Aereo Café. L’accueil chaleureux et le repas cuit au feu de bois nous réconcilient avec cette journée mal débutée. Les brochettes de bœuf cuites sur des tiges de lauriers sont la spécialité du coin. Ce resto est simple mais excellent et offre une vue sublime. Et la poncha maison aux fruits de la passion offerte par le patron est super bonne !

Un peu plus loin en allant vers l’ouest, un autre mirador permet de voir la côte et les falaises qui tombent dans l’océan. Sous le soleil, c’est magnifique mais j’imagine que sous la pluie ça doit être très austère. Pour agrémenter ces sublimes paysages, des fleurs poussent partout au bord des routes et des chemins : agapanthes, hortensias, lauriers roses, bougainvilliers… Ce n’est pas pour rien que Madère est appelée le jardin de l’Atlantique.

C’est à Santana que l’on peut voir les fameuses maisons traditionnelles de Madère, en V inversé avec leur toit de paille. Malheureusement elles se font rares. On en voit encore par ci par là dans le village en cherchant un peu. Certaines sont recouvertes de tôle, bien plus facile à entretenir qu’un toit végétal, d’autres carrément à l’abandon. Quant à celles qui sont dans le haut du bourg, elles sont presque trop bien rénovées ! Et surtout elles sont envahies de touristes adeptes de selfies et de poses très étudiées, déposés là par les bus.

Au parc de Queimadas, on trouve même des poulaillers calqués sur ces jolies maisons !

Pour éviter de reprendre la route côtière et ses nombreux tunnels (moi qui suis claustrophobe, je dois prendre sur moi !), on rentre à Funchal en coupant par la montagne. A Ribeiro Frio, on trouve une place sur le mini parking en bord de route et faisons la jolie balade de la levada dos balcoes. 2,5 km aller-retour pour atteindre un belvédère qui, par temps clair, permet de voir le Pico Arieiro, les montagnes environnantes et la côte nord… mais les nuages ont squatté les sommets, avalant le Pico Arieiro. Le panorama est malgré tout splendide avec ces vallées encaissées et recouvertes de forêts de lauriers. Toute cette zone fait partie du Réseau Natura 2000.

Du côté de la côte, le ciel est plus dégagé. Le belvédère permet de voir jusqu’à Faial et d’observer plein de mignons petits oiseaux.

Demain on continue sur notre lancée, on fait la randonnée classée dans le Top 5 des randos à Madère : le Caldeirao verde. Il faut éliminer tout ce qu’on a accumulé pendant les confinements !!!

Pointe Sao Lourenço

Première journée à Madère et première randonnée.

Nous étant levés à 4h45 hier, nous ne partons pas trop tôt ce matin. Le départ de la maison est assez épique, les rues de Funchal nous impressionnent tant elles sont étroites et pentues. On a vite compris qu’à Madère, le meilleur moyen pour relier un point A à un point B est la ligne droite et ce, quel que soit le dénivelé ! Certaines rues affichent une pente de 32% ! En revanche, les routes expresses sont très confortables et les nombreux tunnels coupant à travers les montagnes permettent de rouler à bonne vitesse. A 11h30, nous sommes au parking et partons vers la ponta Sao Lourenço ou pointe Saint Laurent en français (nº 12 sur la carte).

La ponta Sao Lourenço

L’île de Madère est recouverte d’une végétation luxuriante, à une exception près : la ponta de Sao Lourenço. Ce cap, situé à l’extrémité est de Madère, est très exposé aux vents et la végétation y est rase et sèche. Quel contraste avec le reste de l’île (pour le peu qu’on en a vu pour l’instant) ! Toute la pointe, y compris la zone maritime, est classée Natura 2000. Elle abrite des plantes rares et des oiseaux endémiques.

La randonnée mène jusqu’au point culminant de la ponta Sao Lourenço, le mont Furado, que l’on voit sur les photos. Au-delà de ce promontoire, les îlots ne sont pas accessibles à pied.

Les roches volcaniques, en grande partie basaltiques, et la végétation forment une véritable palette de couleurs allant du noir au jaune en passant par le vert et le rouge… et l’océan apporte la touche de bleu.

Passage étroit avec l’océan 100 mètres plus bas de chaque côté.
Ça grimpe !

Une dernière volée de marches pour arriver au sommet…

Dans la montée, on voit la casa do Sardinha entourée de sa palmeraie et on profite d’une vue plongeante sur la baie d’Abra. On peut même apercevoir le parking tout au fond.

Depuis le sommet du mont Furado (160 mètres), après une montée exténuante sur un chemin en mauvais état, on découvre les derniers îlots qui forment l’extrémité de la pointe et, au loin, les îles Desertas.

Une pause boisson fraîche est la bienvenue à la casa do sardinha, au pied du mont Furado. Il fait 26° mais le ressenti est bien supérieur et j’ai l’impression d’avoir la tête en ébullition ! On fait une petite boucle au niveau du bar, puis le retour à la voiture par le même chemin qu’à l’aller tout en découvrant les paysages sous autre angle. Des nuages sont arrivés de la montagne le temps qu’on boive un coup, on apprécie d’avoir un peu moins chaud !

On a fait les 8 km aller-retour en 4 heures (pauses comprises), avec 380 mètres de dénivelé cumulé. Pas mal pour une mise en jambe !

Madinat Jumeirah et la Burj al Arab

Nous partons ce matin pour une balade dans un souk moderne mais réalisé dans l’esprit des souks traditionnels : Madinat Jumeirah. En réalité, c’est plus qu’un souk. Il y a des boutiques mais aussi des hôtels, plein de restaurants pour tous les goûts, une rivière artificielle sur laquelle on peut faire des balades en abra (petit bateau local) et la cerise sur le gâteau, c’est la superbe vue sur l’hôtel Burj Al Arab. Le classement officiel n’allant que jusqu’à 5*, cet hôtel de grand luxe s’est autoattribué 7*… Je ne saurais vous dire s’il les vaut bien car l’accès n’est autorisé que si l’on a une réservation. Et vu qu’une nuit coûte minimum 1000 euros, eh bien nous n’avons pas de réservation !

On fait ensuite un petit tour sur Kite beach pour avoir un autre point de vue sur la Burj al Arab mais il y a toujours ce voile de pollution/poussière/sable. Et il y a aussi plein de grues qui laissent présager que, bientôt, il n’y aura plus un panorama aussi dégagé sur la Burj al Arab depuis Kite beach. La plage est immense et la couleur de la mer donne envie d’y faire un plongeon même si elle est encore un peu fraîche (22 / 23°).

Nous nous arrêtons ensuite au Mall of the Emirates qui abrite des pistes de ski et de luge. Là on mesure bien la folie de certains projets. Une piste de ski en plein désert, c’est comme un stade de foot Qatari climatisé et à ciel ouvert, c’est n’importe quoi ! Par contre c’est assez drôle de voir les parents en doudoune, à faire les cent pas pour ne pas geler sur place. On voit qu’ils ne sont pas habitués au froid. En revanche, le dôme du Mall est très joli avec son style Eiffel.

On termine l’après-midi à la piscine, puis vient l’heure de boucler les valises. La tentation dans les Malls a été grande, nous avons fait quelques achats (surtout les garçons !) et nos valises ne ferment plus. Heureusement que Manue peut nous prêter un sac supplémentaire.

J’ai réservé une nuit à l’hôtel Premier Inn à l’aéroport d’Abu Dhabi car nous reprenons l’avion assez tôt demain matin. On rend la voiture sans avoir refait le plein car il n’y a pas de station essence avant l’aéroport quand on arrive de la route de Dubaï. Au pays du pétrole, c’est un comble ! Comme l’essence n’est pas chère ici, le prix que va nous faire payer le loueur ne nous inquiète pas trop. Et en effet, il nous est facturé environ 20 euros pour la moitié du plein et les péages. Ça va !

On avait l’intention de prendre un taxi pour aller dîner au Yas Mall mais, en tant que clients du Premier Inn, on a 1 repas offert pour 1 acheté au resto de l’hôtel. On reste donc sur place et, comme on s’est couchés tard la veille, tout le monde est au lit à 22h.