Levada do alecrim et lagoa do vento

Dans le secteur de Rabaçal, le choix d’itinéraires de randonnées est assez conséquent. Nous nous garons sur le même parking que lorsque nous avons fait la randonnée jusqu’à la cascade do Risco et 25 fontes. On prend aussi le même chemin au début et bifurquons à droite peu après le départ.

Jusqu’à la source de la levada do alecrim, c’est facile car c’est à plat, à part un court escalier. On croise assez peu de monde comparativement au nombre de voitures stationnées sur le parking.

Au niveau de la source, il y a déjà plus de monde. Les gens font une pause ici et certains se baignent dans le bassin au pied de la cascade. D’après nos estimations, la température de l’eau doit être autour de 16/17° maximum.

Dans les levadas, on voit souvent de petites truites remonter le courant. En aval de la cascade, elles sont nombreuses.

Nous rebroussons chemin pour prendre la bifurcation vers le lagoa do vento, un petit lac formé par une chute d’eau au pied de hautes falaises. Le chemin d’accès est escarpé, composé de nombreux escaliers taillés dans la roche ou composés de rondins de bois. Peu de monde vient jusqu’ici. C’est paisible et très joli.

Axel et Laurent donnent l’échelle

A partir de là, on peut soit remonter vers la levada do alecrim (non merci !), soit continuer pour retrouver la route des 25 fontes (moche mais moins dur que de remonter les 600 mètres d’escaliers jusqu’à la levada). On croise des britanniques en chemise blanche, polo et jolies baskets de ville… on leur souhaite bon courage !

La remontée vers le parking se fait en plein soleil, sans vent. On arrive rincés à la voiture !

Cette randonnée est au moins aussi belle que celle des 25 fontes, pour une durée à peu près équivalente et un dénivelé moindre (8,6 km et 270 m de dénivelé). La cascade qui alimente la levada do alecrim est très jolie, tout comme son environnement et les passages à gué sur la rivière pour atteindre le bassin. Le lagoa do vento est dans un bassin large, moins encaissé que la cascade do Risco qui reste un must ! Les chemins étant connectés les uns aux autres, l’idéal serait d’enchaîner dans cet ordre : levada do alecrim jusqu’à la source, lagoa do vento (chemin escarpé mais principalement en descente dans ce sens), puis cascade do Risco et terminer éventuellement par 25 fontes.

Un combiné de la levada nova et de la levada do moinho

En feuilletant le guide Rother, je suis tombée sur cette description : charmant circuit sur deux levadas à travers la vallée de la Ribeira da Ponta do Sol. Description accompagnée d’une photo de la jolie chapelle du Saint-Esprit, point de départ de la balade. Un coup d’œil au dénivelé (110 mètres), à la longueur (9 km) et aux commentaires, m’a convaincue que c’était une rando pour nous. Surtout quand j’ai lu « apporter une lampe de poche pour le tunnel et un ciré pour la cascade ». Chouette !!!

Une Top randonnée à Madère

Notre seul doute portait sur le risque de vertige. Le Rother classe cette randonnée en noir (difficile) en partie à cause de passages vertigineux non sécurisés.

En arrivant à Lombada da Ponta do Sol, on a d’abord du mal à trouver le départ. Il y a des travaux, une déviation et le GPS est perdu. On arrive finalement à repérer la chapelle et l’imposant manoir rose à côté. C’est parti !

La balade commence par une montée raide, mais de seulement 500 mètres, sur la route. Ça chauffe les mollets dès le début ! Ensuite, on marche à plat le long de la levada nova, en admirant la vue sur la vallée de la Ribeira da Ponta do Sol.

Il est vrai que le chemin n’est pas large – tout au plus 40 cm – mais, grâce aux câbles qui bordent le précipice, la sensation de vertige ne se fait pas trop sentir.

On arrive enfin au tunnel. On sort les lampes. Même s’il fait 200 mètres de long, on voit la sortie et il est assez haut de plafond, donc j’arrive à gérer. Entre Laurent qui a le vertige et moi qui suis claustrophobe, c’est pas tous les jours facile ?

À la sortie du tunnel, la surprise ! On découvre une belle cascade qui se fracasse à grand bruit au pied de la levada. Le chemin passant derrière, il faut se mouiller un peu et ce n’est pas pour nous déplaire car il fait chaud.

À cette saison, pas la peine de sortir les K-ways. En passant vite, on ne se mouille pas trop.

Un peu plus loin, on descend un escalier pour atteindre la levada do moinho. On la remonte jusqu’à sa source, c’est à dire jusqu’à une autre chute d’eau qui se jette dans la rivière et alimente la levada au passage. Des tables de pique-nique en pierre nous tendent les bras pour une pause déjeuner, à l’ombre des lauriers géants, à côté de la cascade.

On voit le début de la levada do moinho à droite

Nous repartons vers notre point de départ, en longeant cette fois la levada do moinho, ou du moulin en français. Ce canal alimentait un moulin à sucre, aujourd’hui détruit, situé à côté de la chapelle. Le chemin est légèrement en pente et le débit de l’eau est beaucoup plus rapide que dans les autres levadas. Il fallait de la puissance pour faire tourner la roue du moulin !

Voyage à Madère randonnée

On se range sur le côté de la levada pour laisser passer des gens. Ce sont des français de Clermont-Ferrand. Ils ont remarqué le maillot du Stade Rochelais de Laurent et, après avoir parlé rugby, Laurent remarque la casquette Macif du monsieur ! Un collègue ! On discute une quinzaine de minutes, on échange quelques conseils pour visiter l’île, puis chacun poursuit son chemin. Sympa ?

Cette vallée est beaucoup moins sauvage que celle de la Ribeira da Janela. Il y a des habitations et d’anciens poïos, ces cultures en terrasses typiques de Madère, mais la plupart sont abandonnés et la nature y a repris ses droits.

Voyage à Madère randonnée
L’arrivée est proche, on aperçoit la chapelle

Cette randonnée nous a beaucoup plu. Bien que l’environnement soit moins sauvage que sur le plateau de Rabaçal où le nord de l’île, les paysages sont intéressants et, surtout, elle est ludique avec son tunnel et ses deux cascades. Personnellement, je la classerais bien parmi les meilleures randos de l’île. Et puis c’est une boucle et il n’y en a pas tant à Madère.

Pour retourner vers Calheta, au lieu de prendre la route rapide, on passe par l’ancienne route côtière. Entre les vues sur l’océan, les plages, les vieux tunnels envahis de végétation et les cascades qui tombent sur la route, cet itinéraire bis est ravissant. On a même eu un lavage de voiture gratuit !

Levada da Ribeira da Janela

Nous avions prévu de faire une nouvelle randonnée ce matin mais on démarre un peu tard de la maison. On décide alors de faire la rando cet après-midi et de se balader dans les villages de la côte nord avant d’aller au resto.

Balade à Porto Moniz et Seixal

Ces deux bourgades sont incommodément installées au pied de la montagne, sur des coulées de lave, et bordées par l’océan. Le fracas des vagues, le noir des roches volcaniques, les falaises abruptes rendent cette côte intrigante et assez inhospitalière à première vue. C’est aussi beau que brut et sauvage. L’exode rural a frappé ce coin de l’île, les villages sont calmes, peu peuplés, comme endormis. Même un dimanche, les piscines naturelles façonnées dans la lave sont presque désertes.

La cascade du voile de la mariée, qui se jette dans la mer

Pour déjeuner, il faut gravir une petite route sinueuse et étroite afin d’atteindre le graal : la Casa de Pasto Justiniano. Un petit resto qui ne paie pas de mine mais réputé pour ses brochettes de bœuf au feu de bois sur branche de laurier, que le serveur suspend à une chaîne au-dessus de la table. C’est divin mais, d’après Axel qui est parti pour nous faire un classement des meilleures brochettes de Madère, elles ne sont pas aussi bonnes que celles du Cabo Aéreo Café à Santana.

C’est le ventre bien plein que nous repartons vers Porto Moniz pour aller au départ de la levada da Ribeira da Janela. Elle est classée parmi les plus belles randos de Madère.

Randonnée sur la Levada da Ribeira da Janela

Le début est assez exposé au soleil et fleuri, puis on s’enfonce petit à petit dans la forêt de lauriers et eucalyptus. Les parois se couvrent alors de végétation : plantes grasses, fougères, mûres et fraises sauvages… tout pousse dans cette terre volcanique riche et fertile. L’ombre s’intensifie sous le couvert des arbres mais des trouées laissent apercevoir la côte au loin et la vallée toute verte en bas.

Les gorges verdoyantes de la Ribeira da Janela

Le guide Rother annonce une randonnée de 12 km en aller-retour mais au panneau de départ, il est indiqué que le chemin est fermé à 3,5 km. En réalité, il n’est vraiment interdit qu’à 4,5 km du départ, juste avant le premier tunnel ; nous faisons donc 9 km au lieu de 12 et c’est déjà bien car on commence à fatiguer à enchaîner les randos ! L’avantage qu’elle soit annoncée comme fermée, c’est que nous ne croiserons quasiment personne.

Pour détendre les jambes, rien de mieux qu’une course de boudins dans la piscine (je parle des trucs gonflables, pas de mes hommes ?).

Câmara de Lobos & Cabo Girao

Aujourd’hui, nous quittons notre bel appartement de Funchal pour une maison que nous avons louée à Calheta. Seulement 40 minutes de route séparent les deux villes, alors nous prenons le chemin des écoliers.

Camara des lobos

Notre premier arrêt est pour Câmara de Lobos, qui signifie « la chambre des loups ». Les premiers explorateurs ayant découvert dans la baie une colonie de phoques moines, aussi appelés loups marins, choisirent de baptiser la ville ainsi. Le port est tout mignon avec ses barques colorées, ses petites maisons perchées sur la falaise, sa chapelle et les bananeraies qui couvrent la montagne au-dessus.

La ville est très portée sur le recyclage et la sensibilisation à l’utilisation de matériaux non polluants. Des « tableaux » en canettes métalliques et des œuvres faites à partir de déchets plastiques ornent les murs de la rue principale et le port. Je trouve que c’est super bien fait et que c’est une excellente manière de faire passer le message.

Après avoir pris une prune pour stationnement non payé (on n’a pas vu les horodateurs !), nous continuons vers l’ouest pour atteindre Cabo Girao. Il s’agit de l’une des plus hautes falaises du monde, rien que ça (c’est le panneau d’accueil qui le dit).

Cabo Girao

Une passerelle de verre permet de se placer au-dessus du vide pour voir les jardins à la base de la falaise (les ouvriers y descendent en téléphérique). C’est vertigineux et époustouflant comme panorama !!! Mais quelle idée bizarre d’être allé mettre ces cultures en bas… pas très pratique d’accès !

Pour déjeuner, on se pose sur la terrasse d’un petit resto en bord de mer. On voulait goûter à l’espada à la banane. C’est fait ! Et c’est très bon !

Le reste de l’après-midi est consacré à l’installation dans notre nouvelle maison et à la détente !

Pico do Arieiro

Le temps est de nouveau couvert aujourd’hui. Comme on a vite et bien compris le climat madérien, on décide d’aller là où on est sûr de trouver le soleil : au-dessus des nuages.

Le climat subtropical et la configuration de l’île font que les nuages, bloqués par le relief, s’accumulent autour des montagnes. Mais au-delà de 700 / 800 mètres, il fait généralement beau. Pour s’en assurer, le site netmadeira.com est super pratique car il recense les webcams installées un peu partout dans l’île. Vive les randos au temps du 2.0 !

La randonnée du Pico Arieiro au Pico Ruivo : un incontournable lors d’un voyage à Madère.

Après quelques courses pour le pique-nique, nous partons donc en direction du Pico do Arieiro. L’un des trois plus hauts sommets de Madère, qui culmine à 1810 mètres. Et comme prévu, on se retrouve au-dessus de la mer de nuages et il fait beau.

Avec le vent qui souffle, il ne fait que 19° mais on se réchauffe vite à marcher. L’intégralité de la rando consiste à relier les trois sommets en 11,5 km et 1200 mètres de dénivelé cumulé ! On verra bien jusqu’où nos mollets sont prêts à nous mener pour contempler les magnifiques paysages sans trop souffrir. Car cette randonnée est classée très difficile et elle est en effet exigeante tant pour les jambes que le souffle. De plus, certains passages aériens et étroits sont un véritable challenge pour ceux qui ont le vertige comme Laurent.

Le panorama est changeant et absolument sublime de part et d’autre du chemin. Je fais pas mal de pauses tellement j’ai envie de tout prendre en photo et aussi parce que cette rando est exténuante : ça ne fait que monter, puis descendre, puis remonter… J’ai le souffle coupé et les joues écarlates alors que d’autres marchent le souffle léger et le sourire aux lèvres. Je me fais même doubler par des personnes d’un âge certain qui ont l’air de ne pas souffrir du tout (note pour plus tard : penser à faire plus de sport !).

Passage impressionnant sur l’arête
On marche sur la crête avec le vide de chaque côté
Le radar en haut marque le début et la fin de la randonnée

Cette rando est sublime. Mais bon, les crêtes, arêtes, passages étroits avec le vide de chaque côté (appelez-les comme vous voulez) ont eu raison de la bonne volonté de Laurent. Le vertige est bloquant, on ne va pas plus loin. Cela dit, même n’en faire qu’une partie vaut le coup tellement les paysages sont fascinants dès le départ. Après 2 heures de marche, nous sommes de retour au parking.

L’heure est venue de reprendre la route vers Funchal… en passant dans les nuages qui apportent l’humidité nécessaire à la forêt.

Pour notre dernière soirée à Funchal, nous avons réservé à Taberna Madeira, un restaurant recommandé par la charmante propriétaire de notre appartement, qui n’est autre que Françoise Laborde ! Le patron est très sympa et on y mange très bien.