Bangkok, khlongs et temples

Encore un petit-déjeuner copieux pour démarrer la journée ! Tellement copieux que cela nous dispense de manger à midi, on ne fait que 2 repas par jour. 

L’hôtel est à une vingtaine de minutes à pied du Palais royal où nous nous rendons. A l’entrée, Laurent se fait refouler car son short est trop court ; il est obligé d’acheter un pantalon avec des éléphants dessus qui lui va à ravir ! Au Laos et à Bali on nous prêtait des sarongs pour cacher les jambes ; ici il faut acheter. 

Le Palais royal de Bangkok 

Construit par le roi Rama 1er en 1782, le Palais royal s’est vu agrémenter de nouveaux bâtiments au fil des règnes successifs. Outre la résidence royale et la salle du trône, il abrite des bureaux gouvernementaux et le Wat Phra Kaeo, le temple du Bouddha d’émeraude le plus vénéré de Thaïlande. C’est immense et superbe ! Il nous faut bien 3 heures pour visiter les différents palais, les pavillons, le cloitre et le temple du Bouddha d’émeraude dans ses habits d’hiver (le roi change sa parure à chaque saison). 

Balade dans les khlongs 

En sortant, un rabatteur nous propose une promenade en bateau dans les khlongs. Ça tombe bien, c’est ce que j’avais prévu de faire ! Il nous emmène au quai et nous partons pour 1h30 sur les canaux de Bangkok. Je m’attendais à autre chose, à des canaux plus étroits, à davantage de vie sur et au bord de l’eau. C’est agréable mais on s’ennuie un peu.

On débarque pour aller au pied du Bouddha monumental du Wat Paknam dont la construction est toute récente puisqu’elle s’est achevée en 2021, ce qui ne l’a pas empêché d’être repeint en 2025. Les échafaudages ne sont plus là et la stature imposante du Bouddha se mesure bien depuis l’esplanade juste devant. On manque même de recul pour le voir en entier. 

Nous ne montons pas dans le chedi, célèbre pour sa salle verte, et préférons faire une balade dans le marché puis jusqu’à un autre temple à côté où il n’y a aucun touriste. 

Le bateau nous ramène sur les quais du Chao Phraya. Comme il est encore tôt, nous enchaînons avec la visite du Wat Pho, aussi appelé temple du Bouddha couché. 

Le Wat Pho  

Le Wat Pho, situé juste à côté du Palais royal, est l’un des plus grands, des plus connus et des plus anciens temples bouddhistes de Bangkok. Si tous les bâtiments sont magnifiques, celui qui attire toutes les convoitises est le temple du Bouddha couché, représentant Bouddha sur son lit de mort prêt à accéder au nirvâna final. A défaut de nirvâna, pour nous c’est l’enfer ! Trop de monde (10 000 visiteurs par jour) !  

Malgré tout, il faut avouer qu’il est majestueux ce bouddha de 46 mètres de long et 15 mètres de haut entièrement recouvert de feuilles d’or et agrémenté de pieds incrustés de nacre représentant les 108 états de Bouddha. Et la chapelle qui l’abrite est magnifique aussi. Le seul problème est structurel : pour loger un tel colosse, les dimensions du bâtiment sont à l’avenant et j’imagine que c’est pour supporter la charge du haut toit qu’il y a autant de piliers… qui gênent quelque peu la visibilité puisqu’ils sont presque collés à la statue. Pas facile pour les photos !

En sortant, nous passons devant les moines pour recueillir un bracelet béni et, au passage, ils nous bénissent aussi.  

Les nombreux stupas, le cloitre, les statues, les chapelles, les jardins… L’ensemble est somptueux et lorsqu’on s’éloigne du Bouddha couché, on y trouve même le calme et la sérénité. On est juste surpris de trouver des marchands ambulants à l’intérieur du temple. Il faut croire que commerce et spiritualité ne sont pas antinomiques. 

Wat Saket, le Mont d’or 

Pour terminer, nous nous dirigeons vers le Wat Saket en traversant le quartier des grossistes en Bouddhas.

Le Wat Saket a été construit sur les restes d’un ancien temple qui s’est écroulé et dont les vestiges sont restés à l’abandon. La nature a repris ses droits sur les vestiges et une colline s’est formée avec le temps. Au 19e siècle, Rama IV fit construire un petit chedi au sommet de la colline. Aujourd’hui, 344 marches permettent d’atteindre le chedi doré d’où l’on embrasse une vue à 360° sur la ville. 

Au pied du temple, une sorte de foire a pris place. On y trouve des jeux et des stands de nourriture, y compris des bêbêtes grillées. 

Pour le dîner, nous rejoignons un couple Suisse avec qui j’échange depuis des années sur Voyage Forum. C’est sympa de se retrouver en même temps à 10 000 km de chez nous et de pouvoir se voir “en vrai” pour parler voyages (Ticapi, si tu lis ces lignes, je t’embrasse). 

Ayutthaya, ancienne capitale du Siam

Ce deuxième jour est censé être consacré à Ayutthaya, ville historique située à 80 km au nord de Bangkok. Mais comme le petit-déjeuner n’est pas servi très tôt et qu’il serait dommage de partir le ventre vide, nous ne pouvons pas prendre le train de 8h45 comme prévu. Nous prenons le temps de déguster notre petit-déj pantagruélique et, comme le train suivant est à 10h35, nous allons visiter le Wat Suthat qui n’est qu’à 5 minutes de l’hôtel.  

Wat Suthat Thep Wararam

Le Wat Suthat fait partie des temples royaux de première classe. Sa construction a été ordonnée par le roi Rama I en 1807 et s’est terminée sous le règne de Rama III en 1847. Son Bouddha monumental, la plus grande statue de Bouddha en bronze de Thaïlande, est mis en valeur par des peintures murales magnifiques datant du 19e siècle. On retrouve également des restes de peintures dans le cloitre qui abrite 156 Bouddhas en position de méditation.  

Malgré l’agitation à l’extérieur, le calme règne à l’intérieur du temple. Mais pas question de s’endormir ! Nous commandons un taxi pour nous emmener à la nouvelle gare de Bangkok afin de prendre le train pour Ayutthaya. Au guichet, la fille nous annonce qu’il n’y a plus de place assise donc nous voyagerons debout dans un wagon sans clim. Je pensais que les trains étaient comme chez nous, en plus rustique certes mais quand même avec des fauteuils. Une heure debout, c’est marrant 5 minutes mais je vous avoue qu’on trouve le voyage un peu long… 

Arrivés à la gare d’Ayutthaya, on note les horaires de retour puis on part négocier un tuktuk pour 2 heures afin d’aller vers les temples les plus éloignés et de nous laisser ensuite au cœur du parc historique.  

Fondée vers 1350, Ayutthaya est l’une des 2 anciennes capitales du Royaume de Siam et compte un nombre important de précieux vestiges donnant une idée de sa splendeur passée, avant sa destruction par les Birmans en 1767. Bien sûr, les monuments du parc historique sont inscrits au Patrimoine mondial de l’Humanité. Initialement recouverts de stuc coloré ou doré, les temples ont subi les affres du temps et, dans la plupart d’entre eux, la brique est désormais à nu.  

La visite commence par le Wat Chai Watthanaram où nous achetons un ticket valable pour la visite de 7 temples. Il est le temple bouddhiste le plus célèbre d’Ayutthaya et pourtant non inclus dans la zone du Patrimoine mondial de l’Humanité. Construit sur le modèle Khmer d’un temple d’Angkor, il est situé sur la rive ouest du Chao Phraya (le même fleuve qui coule à Bangkok), alors que le parc historique est sur la rive est. 

Notre chauffeur nous emmène ensuite au Wat Lokayasutha dont les vestiges ont presque tous disparu et dont il ne reste qu’une statue de Bouddha couché de 37 mètres de long. Je suis surprise et déçue car j’avais en tête une statue pluri centenaire patinée par les siècles et on se retrouve devant un Bouddha entièrement rénové, peint en jaune, qui semble neuf. Honnêtement je trouve ça moche. Le site a perdu tout son cachet et son intérêt historique. Notre chauffeur semble l’apprécier, il insiste pour nous prendre en photo devant !

Il nous dépose, comme prévu, devant le Wat Mahathat. Ce temple de grés, latérite et brique rouge offre un bel alignement de prangs et il est surtout connu pour son énorme figuier qui emprisonne une tête de Bouddha. 

N’ayant plus notre tuktuk à disposition, nous partons à pied à travers le parc historique pour visiter les autres temples. Je ne voyais pas ça aussi étendu ! Heureusement que les nombreux arbres nous procurent de l’ombre. Nous arrivons au Wat Phra Ram après 20 minutes de marche. Le prang très imposant est quasi intact et pourtant très peu de visiteurs viennent ici. C’est le temple où on a croisé le moins de monde. 

En face, nous entrons dans le Wiharn Phra Mongkhon Bophit. C’est le seul bâtiment religieux du parc historique d’Ayutthaya en activité. Des feuilles d’or sont vendues pour être déposées sur les statues du sanctuaire. C’est une pratique que nous retrouverons dans beaucoup de temples en Thaïlande. 

Juste à côté, nous pénétrons dans le Wat Phra Si Sanphet qui était autrefois dans l’enceinte du Palais royal. Ses trois chedis alignés renferment les reliques des rois d’Ayutthaya. 

Nous terminons par la visite du Wat Ratchaburana, nécropole royale qui abrite les cendres des princes Ai Phraya et Yi Phraya ayant lutté à dos d’éléphant et péri pour la couronne d’Ayutthaya. Le prang en pain de sucre, caractéristique des temples de style Khmer, est remarquablement bien conservé et restauré. 

Pour rejoindre la gare, nous marchons d’abord 30 minutes (pfiou fait chaud !), puis nous prenons un petit bateau pour traverser la rivière et nous éviter un grand détour à pied par le pont. La gare est juste en face du débarcadère. 

Au guichet, on nous annonce encore que nous voyagerons debout ! C’est vachement moins drôle qu’à l’aller parce que là on est fatigués de notre journée. On a 17 km dans les pattes quand même ! Le train arrive à 16h40 et nous nous entassons dans les wagons. Il y a moins de monde que ce matin donc je décide de m’asseoir par terre, je n’en peux plus de rester debout ! 

Un taxi nous ramène à l’hôtel, on fait une pause, on prend une douche, puis on repart vers le quai du Wat Arun car hier nous avons réservé chez Rongros, un bon resto Michelin au bord du Chao Phraya. Bangkok est une ville magnifique et de nuit c’est somptueux. 

Le Parc des Cinque Terre : Manarola, Corniglia et Vernazza

L’appartement est très calme, nous avons super bien dormi. Nos hôtes ont généreusement mis plein de choses à disposition pour le petit-déjeuner : jus d’orange, brioches, café, thé, confiture… C’est top pour démarrer la journée.

Cinque Terre : visite de Manarola

Quelques minutes plus tard, nous voici à Manarola ; l’un des plus anciens et plus petits villages des Cinque Terre. Vous avez sûrement tous déjà vu une photo de Manarola. La vue sur le port est l’une des plus photographiée et celle qui représente le plus souvent les Cinque Terre dans les guides touristiques et sur les posters. Seulement quand on y va le matin, comme nous, on peut être déçu car le soleil n’éclaire pas encore les jolies façades des maisons. On est même à contrejour.

Cinque Terre : visite de Corniglia

Corniglia est le plus petit des cinq villages et le seul qui n’ait pas d’accès à la mer. Il est en effet perché sur un promontoire rocheux, dominant la Méditerranée d’une centaine de mètres. La gare, en revanche, est située au niveau de la mer. Donc… eh oui, t’as compris, il faut monter les 100 mètres de dénivelé positif à pied, par un escalier en plein soleil. Il y a bien une navette mais c’est un mini bus (peu de places donc) qu’il faut attendre aussi en plein soleil.

Cinque Terre : visite de Vernazza

C’est au pied de ces jolies maisons que nous dégustons un sorbet, histoire de recharger les batteries et notre taux de glycémie avant d’attaquer la montée vers les hauteurs du village. Le bourg assez étendu et la présence du château montrent que Vernazza était sûrement plus peuplé et plus prospère que les autres villages des Cinque Terre.

Le meilleur point de vue sur le château se trouve tout en haut du village. Si nous avions fait la randonnée entre Corniglia et Vernazza, nous serions arrivés par là. La carte postale est parfaite : soleil, mer bleue, cactus, vielles pierres et montagne.

Le dédale de ruelles est un ravissement, tout comme le petit port, niché bien à l’abri entre la montagne et le promontoire rocheux où est bâti le village. Et autant il y a foule en bas, autant en haut on est peinards !

Retour à Manarola

Il est près de 16 heures quand le train nous dépose de nouveau à Manarola. Cette fois, le soleil éclaire parfaitement les façades et le port. C’est sublime !

Il n’y a pas photo entre ce matin et cet après-midi :

Pour notre dernière soirée, on va goûter la farinata et les pizzas de la Pia Centenaria. Les portions sont énormes, ça cale !

Puis il est temps de boucler les valises. On reprend la route demain matin jusqu’à Pise pour notre vol retour.

Le parc des Cinque Terre

Partis de Lucca vers 9h30, nous arrivons à La Spezia un peu après 10h30. J’ai loué un Airbnb pour 2 nuits et notre hôte nous donne accès à l’appartement immédiatement. On peut donc décharger la voiture et se rafraichir un peu avant de repartir en vadrouille dans les Cinque Terre. J’ai choisi cet appartement, situé via Montello, pour sa proximité avec la gare, la facilité et la gratuité du stationnement. On laisse donc la voiture pour 2 jours et nous partons à pied vers la gare, à moins de 10 minutes de marche. Le train est le meilleur moyen de transport pour aller d’un village à l’autre. S’y rendre en voiture est un calvaire tant les routes sont étroites et les parkings peu nombreux.

J’ai hésité à acheter les billets de train à l’avance. Je n’aurais pas dû hésiter ! Il y a la queue au guichet et le train va bientôt arriver. Finalement, ça va assez vite et on parvient à monter dans le train avec l’intention de visiter le village le plus à l’ouest, donc le plus éloigné de La Spezia : Monterosso al Mare.

Visite des Cinque Terre : Monterosso et Riomaggiore

Monterosso al Mare est le village le plus plat des Cinque Terre et il se dit donc qu’il est le moins pittoresque. Le charme est là tout de même et il se révèle pas si plat que ça !

Les restaurants sont chers et aucun ne nous tente vraiment. Dans une ruelle, une minuscule boulangerie propose des sandwiches qui semblent bien appétissants (10€ le sandwich, quand même hein !). On trouve une placette avec des bancs et une fontaine d’eau potable pour pique-niquer puis nous retournons vers la gare de Monterosso, direction le village le plus à l’est : Riomaggiore.

Il y a un peu de monde dans la rue principale et sur le minuscule port mais on s’attendait à davantage de touristes. Et plus on monte dans les ruelles, plus on trouve la tranquillité. L’enchevêtrement des hautes maisons desservies par un réseau de ruelles très étroites donne l’impression qu’elles sont bâties les unes sur les autres, comme une ville Lego. Et les couleurs éclatantes des façades avec le vert des jardins en terrasse et le bleu de la Méditerranée… c’est trop beau ! On comprend que ces paysages attirent des millions de visiteurs chaque année.

Bon, c’est mignon mais on en fait vite le tour de ces villages. Nous retournons à La Spezia pour se poser un peu dans notre appartement. Le trajet à pied nous parait plus long qu’à l’aller, ça monte dur !

Un soirée à Florence

Arrivés à Pise avec 2 heures de retard (18h au lieu de 16h), nous galérons un peu à trouver notre loueur de voiture. Nous prenons la navette devant l’aéroport pour nous rendre au pôle des loueurs mais le nôtre, Centauro, n’y est pas. On demande… personne ne sait où est Centauro. Nous repartons, à pied cette fois, vers l’aéroport et là nous voyons un fourgon aux couleurs de Centauro dont les locaux se trouvent en fait à côté de l’hôtel Galilée à quelques kilomètres de l’aéroport.

On attend une éternité pour avoir enfin notre voiture et partir vers Florence. On voulait une Fiat 500 mais c’est au volant d’une C3 que nous prenons la route. Une heure plus tard, on arrive au parking que j’avais repéré. L’accès au centre de Florence, comme beaucoup de villes en Italie, est limité aux voitures autorisées. Ce parking, à côté de la gare, est juste à la limite de la zone à trafic limité et à 10 minutes à pied de notre hôtel. Un peu cher (20 € / 24 h) mais c’est l’un des moins onéreux !

Notre hôtel, Résidence la Contessina, est très bien. On est au calme car il ne donne pas directement sur la rue, on est à 10 minutes de la cathédrale, et il y a plein de restaurants dans le quartier. Ca tombe bien car il est 20h et on a faim ! Après un bon repas (pâtes, lasagnes, steak à la Florentine), nous allons jusqu’à la piazza del duomo pour voir les monuments emblématiques de Florence et gouter à la chaude ambiance nocturne.

La cathédrale et son immense dôme, le campanile et le baptistère se dévoilent au bout d’une petite rue. Tous ces monuments faits de marbre blanc, rose et vert sont somptueux. La cathédrale du 12e siècle est l’une des plus grandes églises d’Europe. On se contente de l’observer de l’extérieur, à cette heure-ci elle est fermée de toute façon. J’ai réservé des billets en ligne pour visiter tous les monuments de la piazza del duomo à partir de demain (le billet est valable 3 jours). Nous aurons accès au dôme, au Campanile (le clocher), au baptistère, à la cathédrale, à la crypte et au musée.