Borgund stavkirke et Jotunheimen

Le temps est toujours couvert mais assez lumineux et il ne pleut pas. On considère que c’est une chance !

Sur la route pour nous rendre à Beitøstolen où nous dormons ce soir, se trouvent deux églises en bois debout (stavkirke). La première est la plus connue et la mieux conservée des 28 restantes : Borgund stavkirke. Elle a été édifiée autour de l’an 1180. Ses portails richement sculptés, les croix et les têtes de dragons sur le toit sont remarquables mais ce qui l’est plus encore c’est le clocher-tour qui se trouve à côté. À l’époque médiévale, tous les clochers des stavkirke étaient ainsi ; ils ont tous été détruits, sauf celui-ci. Juste derrière on peut voir la nouvelle église.

La traduction de stavkirke est littéralement église en bois debout. Lorsqu’on pénètre à l’intérieur, et même en observant les piliers d’angle extérieurs, on comprend pourquoi. Des troncs d’arbres entiers, taillés à la hache, soutiennent l’étage et la toiture.

À l’intérieur, le retable représentant la Crucifixion date du 17ème siècle. Sur les deux portails, on retrouve le symbole du dragon.

Non loin de Borgund, on voit un panneau Øye stavkirke. On ne sait pas où se trouve l’église, on décide de faire un crochet pour voir. Celle-ci est totalement différente, toute petite et beaucoup plus simple. Elle trône fièrement au bord du lac et face à la nouvelle église. D’après ce que j’ai compris, l’église d’origine a été détruite car elle était sur un terrain inondable, puis reconstruite ici à partir d’éléments retrouvés sous les fondations de la nouvelle église.

On s’installe et on mange à l’appartement à Beitøstolen, puis on remonte la route touristique de Valdresflye, à l’est du parc national du Jotunheimen. On aura presque fait le tour complet du Jotunheimen !

Le ciel est bas mais les paysages sont magnifiques quand même. On est à 1369 mètres d’altitude, il fait 10° et le vent souffle. Pour l’occasion, et pour dire qu’on ne les a pas apportées pour rien, on sort les doudounes !

Pas un arbre ne pousse à cette altitude, c’est très rocheux et pelé.

On avait prévu de faire la randonnée sur la crête de Besseggen demain. Vues les conditions météo, on préfère ne pas tenter. Cette rando est exigeante (1000 mètres de dénivelé positif) et la montée principale sur la crête s’approche plus de l’escalade que de la marche à pied. Dans des conditions humides, ça peut être dangereux. Sachant qu’il faut payer le parking, la navette et le ferry, on renonce car de la pluie est annoncée pour cette nuit et demain.

La crête de Besseggen, c’est cette montagne à droite du lac Gjende.

Il faut savoir jouer à « où est Charlie » mais, sur la photo suivante se trouve un troupeau de rennes ! Ce sont les rois du camouflage !

Comme le programme de demain tombe à l’eau, on va sûrement se rapprocher de Kristiansand où nous prendrons le ferry jeudi. Nous n’avions pas prévu de visiter Oslo et finalement ce sera peut-être bien notre plan B. À suivre…

Nærøyfjord

Ce matin en ouvrant les rideaux, on constate que la météo est en train de changer. On dirait que l’été norvégien s’installe !

En faisant la route entre Laerdalsoyri et Gudvangen, on passe 43 km sur 57 dans des tunnels ! L’avantage c’est que lorsqu’on est sur l’eau, on ne voit quasiment jamais les voitures et le paysage est préservé. En revanche, quand on est en voiture, on trouve le temps long !

Gudvangen se situe tout au fond du Nærøyfjord. Classé au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO, comme le Geirangerfjord, le Nærøyfjord est l’un des bras les plus étroits du Sognefjord. Les parois vertigineuses et abruptes qui entourent ses eaux d’un vert foncé lui donnent l’air encore plus étriqué et impressionnant. On se sent tout petit quand on navigue au pied des montagnes qui l’encadrent.

Ce matin, nous faisons la visite du village Viking de Gudvangen. La ville fictive de Njardarheimr a été construite par une communauté internationale de passionnés de vikings pour restituer leur mode de vie, leur culture et la façon dont ils ont influencé le monde. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre, entre attrape touristes ou écomusée. Au premier abord on penche pour l’attrape touristes. Coincé entre la station essence, la supérette et le port, le lieu paraît tout sauf crédible. Mais dès qu’on passe la porte, finalement on se laisse happer et on se plonge dans l’ambiance 1000 ans en arrière. Les odeurs de feu, les cabanes, les bénévoles habillés en vikings, les démonstrations et animations, tout est réuni pour passer un excellent moment. On a tous adoré !

Nous avons fait deux passages au tir à l’arc, les garçons se sont combattus à l’épée (le petit doigt de Léo a été durement touché, il est tout violet !), le lancer de hache a été concluant pour Léo mais désastreux pour Laurent et Axel.

On a passé deux heures dans le village viking donc on mange vite fait notre salade pour aller au rendez-vous donné par Nordic ventures pour la location de kayaks à 13h30.

L’attente est un peu longue, le briefing aussi. On part à 14h30, équipés pour affronter les 14° de l’eau du fjord.

Lors du briefing, le gars nous a dit qu’on pouvait aller jusqu’à la cascade d’Odnes. On y va tranquillement, en faisant quelques pauses pour observer l’église du mini village de Bakka, des moutons et d’autres cascades qui se jettent dans le fjord.

On s’échoue sur la plage pour monter voir Odnesfossen, puis on repart dans l’autre sens pour retourner à Gudvangen.

Ça s’avère beaucoup moins facile qu’à l’aller ! Le vent s’est levé, on l’a de face, et des vagues se forment. On galère pour progresser (le kayak recule dès qu’on s’arrête) et on en a plein les bras. On parvient malgré cela à rentrer à peu près à l’heure. On va avoir mal aux bras et aux épaules demain !

Undredal via Aurlandsfjellet

Aujourd’hui nous allons explorer l’Aurlandsfjord, l’un des nombreux bras du Sognefjord. Pour le trajet entre Laerdalsoyri, où se trouve notre maison, et Aurland, deux options sont possibles : par le tunnel (le plus long du monde) en 35 minutes ou par la route touristique en 1h25. Devinez ce qu’on a choisi ?

Un virage à gauche et nous voilà en train de gravir la Snøvegen (route des neiges), l’autre nom de l’Aurlandsfjellet. Et les arbres disparaissent en effet assez vite pour laisser place aux glaciers et à la neige sur les flancs des montagnes et au bord des lacs.

Avant d’atteindre le village d’Aurland, il y a un point de vue que tout bon touriste ne peut ignorer : Stegastein viewpoint. Il s’agit d’une passerelle en bois qui forme une avancée au-dessus de la forêt, offrant un panorama grandiose sur l’Aurlandsfjord. Le plus gros challenge est de trouver une place pour se stationner sur le minuscule parking. On fait un premier passage infructueux, demi-tour, Laurent s’engeule avec un mec qui ne veut plus ni avancer ni reculer (la route est très étroite), et au deuxième passage on trouve à se garer.

Les toilettes étant vitrées, on a une belle vue aussi pendant la pause technique.

Un autre point de vue plus bas donne une meilleure impression de la hauteur des montagnes qui tombent dans le fjord.

Le reste du trajet jusqu’à Aurland est un peu fastidieux. La route est étroite, les gens n’osent pas se serrer sur le côté, certains s’engagent alors que le trafic est déjà engorgé, des campings-car n’arrivent pas à se croiser… c’est galère !

Sur la route d’Undredal, nous rencontrons un nouvel embouteillage, plus sympathique celui-ci ! Ce qui est drôle c’est que les chèvres, chassées de la route, filent se regrouper pile à l’endroit où des campeurs sont installés (le camping sauvage est autorisé et courant en Norvège). Les pauvres sont envahis et crient pour les faire partir.

Nous arrivons à Undredal, un village en cul-de-sac au bout du Aurlandsfjord, qui n’est desservi par une route que depuis 1988. Seulement 100 habitants… beaucoup plus de chèvres ! Justement, le fromage de chèvre est la spécialité du coin, notamment le Brunost, un fromage brun au goût sucré.

Undredal est aussi connu pour abriter la plus petite église en bois debout de Norvège. Elle a été construite autour de 1147 et mesure 12 mètres sur 4. Contrairement aux autres stavkirke que nous avons vues jusqu’ici, elle est peinte en blanc et non recouverte de goudron. Elle n’a pas non plus les ornements que l’on trouve souvent, comme les têtes de dragons ou autres motifs animaux ou végétaux. Du coup, elle n’a pas l’allure d’une stavkirke.

Nous nous installons sur la terrasse du seul resto du village pour manger une bonne pizza au fromage local.

Pour éliminer, nous nous lançons sur le Stokko trail, qui mène à une ferme en bord de fjord. La randonnée est plutôt facile et agréable car on ne quitte jamais le fjord de vue. On traverse quelques portions rocailleuses et des champs de foin. Des agriculteurs utilisent toujours cette petite ferme accessible par la mer et continuent d’entretenir ce paysage. Ils utilisent le foin comme fourrage pour leur bétail.

On s’arrête à Flåm sur le chemin du retour. Ce « village » n’en est pas vraiment un ! Il se résume à un énorme parking, des boutiques de souvenirs, un port qui accueille les paquebots et une gare. C’est d’ici que part le train qui monte à la station de ski de Myrdal, excursion hors de prix qui figure dans tous les catalogues des croisiéristes et agences de voyages. Le seul truc de bien, c’est la brasserie Ægir bryggeripub où nous prenons une bonne bière rafraîchissante.

Pour le retour à Laerdalsoyri, nous prenons le fameux tunnel routier le plus long du monde : 24,5 kilomètres. Nous avons passé très exactement 19 minutes et 30 secondes là-dedans ! Il a été construit en seulement 5 ans et il est tellement long qu’il est équipé d’une usine de traitement de l’air, il y a aussi des « cavernes » reproduisant les couleurs des aurores boréales qui ont été aménagées pour rompre la routine des conducteurs.

Sur le toit de la Norvège

Une journée de transition d’un fjord à l’autre. Nous quittons le Geirangerfjord pour rejoindre le Sognefjord en passant par la route la plus haute de Norvège.

Le Sognefjord, nous y étions déjà il y a quelques jours, sur la rive nord. Aujourd’hui nous nous rendons au sud du fjord, à Laerdalsoyri.

Avant de quitter le Geirangerfjord, nous remontons la route des aigles. C’est le nom de la route en lacets qui surplombe le camping. La vue est superbe, d’un côté comme de l’autre, vers Geiranger et vers la cascade des sept sœurs.

À peine 2 heures plus tard nous arrivons à Fossebergom où se trouve la stavkirke de Lom, une magnifique et grande église en bois debout. Elle a été construite vers 1170. Comme toutes les églises en bois debout, sa façade nord est beaucoup plus foncée que les autres car le goudron de protection qui recouvre le bois y fond moins. Elle est vraiment très belle avec ses têtes de dragons stylisées et ses ornements végétaux.

Nous mangeons une bonne pizza à la boulangerie du village, on achète une bouteille de vin pour ce soir au Vinmonopolet (les seuls magasins où on peut acheter de l’alcool) et prenons la direction de la Sognefjellet.

Cette route touristique nationale est la plus élevée de Norvège, culminant à près de 1400 mètres. La température chute à 11°, la neige et les glaciers apparaissent. On traverse le parc national de Jotunheimen où tous les sommets dépassent les 2300 mètres. Les sommets sont dans les nuages et les photos ne restituent pas la grandeur des paysages.

À un moment, nous bifurquons sur la Tindevegen que nous avons bien failli louper. Cette route montagneuse est payante et les norvégiens n’ont rien trouvé de mieux que d’installer le péage au niveau du col, tout en haut, au milieu de nulle part, provoquant un bouchon en pleine montagne. Bizarre de ne pas mettre le péage à l’extrémité de la route. En plus on ne sait pas trop pourquoi on paye car cette partie n’est pas particulièrement belle ; des pylônes électriques polluent le paysage.

Après le gros village de Øvre Årdal, nous arrivons à Laerdalsoyri où se trouve notre logement. La maison est top et le village est magnifique. Comme nous n’avons pas beaucoup marché aujourd’hui, nous partons à pied pour visiter. Les maisons anciennes en bois ont été sauvegardées, créant un ensemble historique très intéressant. Il y a environ 160 maisons en bois qui datent du 18ème siècle.

Le long du plan d’eau, l’effet miroir est parfait !

Geirangerfjord – Skageflå

La raison principale pour laquelle j’ai réservé au Geirangefjorden feriesenter, c’est qu’ils proposaient un service de taxi-boat pour déposer les gens dans le fjord, à Skageholå, pour ensuite revenir par le sentier de randonnée qui va de la vieille ferme de Skageflå à Geiranger. Mais quand on demande à la réception pour réserver, le gars me répond qu’il n’assure plus ce service. Mince !

Après un petit conseil de famille, on décide de faire la rando en aller-retour depuis Geiranger. D’après AllTrails c’est 8,2 km, 944 mètres de dénivelé positif (oh m’y god !!!) et 4h45 de marche. J’ai un doute sur la durée qui me paraît sous-estimée mais on se lance. Pour s’éviter quelques kilomètres entre le camping et Geiranger, on tente de se rapprocher du départ de la randonnée et on réussit à se garer le long de la route après le bourg.

On a des vues sur le village de Geiranger, sur notre camping au pied de la route en lacets et sur les eaux bleues du fjord avec le ballet des bateaux et ferries. Les nuages enveloppent les sommets, apportant une touche mystérieuse aux paysages.

Dès le départ, la randonnée s’avère assez fatigante. C’est constamment en montée et on démarre sur des grandes dalles de pierre. Le temps étant nuageux, on a au moins la chance de ne pas avoir trop chaud mais on transpire beaucoup quand même ! Qu’est-ce que ce serait avec le soleil ?!

Une première cabane est l’occasion d’une pause. On voit encore notre camping sur la berge opposée du fjord.

Ensuite on pénètre dans la forêt et on y reste quasiment jusqu’au bout. Avec l’humidité qui doit régner la plupart du temps dans cette forêt dense, la mousse recouvre les rochers.

Quelques trouées dans les arbres offrent un point de vue de temps en temps sur le fjord et les cascades qui courent sur le flanc des montagnes.

On arrive à Homelongsaetra, une ancienne ferme d’alpage à 544 mètres d’altitude au-dessus du Geirangerfjord. Une pause s’impose !

Un peu après Homelongsaetra, le panorama sur le fjord et la cascade des « sept sœurs » est splendide. Malgré les nuages, l’eau est d’un bleu vif magnifique.

Au-delà de ce point de vue, le chemin descend vers l’ancienne ferme de Skageflå. Sur le coup on ressent un soulagement car jusqu’ici nous n’avons fait que monter et les jambes chauffent. Sauf que ça descend très très fort. On aperçoit la vieille ferme tout en bas et on se dit qu’il ne va pas être facile d’y accéder ni d’en repartir ! J’émets l’idée de pique-niquer en haut, avec cette belle vue sur le fjord et la ferme mais Léo est déjà parti loin devant donc on descend.

Cette descente est vraiment difficile (et pas que pour moi !). Maintenant qu’on y est, on s’approprie la seule table de pique-nique pour faire une pause et manger dans un cadre de choix, il faut bien l’avouer.

Autant vous dire que la remontée est exténuante. Comme dirait le Petit Gibus « si j’aurais su, j’aurais pas venu ! ». En tout cas je ne serais pas allée jusqu’à la ferme et me serais contentée du point de vue qui se trouve juste après Homelongsaetra ( ce que font la plupart des gens). Descendre jusqu’à la ferme de Skageflå n’apporte pas grand chose de plus, si ce n’est pour voir les bâtiments de près. Quant à la cascade des sept sœurs, on en est plus proche mais elle est déjà très belle d’en haut.

Lorsqu’on retrouve Homelongsaetra, c’est le soulagement ! À partir de là, on sait que le retour est tout en descente.

Je n’ai pas pensé à prendre de photos sur les portions les plus abruptes, j’avais besoin de mes mains pour progresser dans les rochers et me tenir aux câbles quand il y en avait ! Mais sur les parties les plus faciles, voilà à quoi ça ressemble :

Concernant les données de AllTrails, elles ne correspondent en rien au tracé. 4h45 et 8 km, c’est pour l’aller-retour à Homelongsaetra, pas jusqu’à la ferme de Skageflå. En revanche, les 944 mètres de dénivelé sont bien dans nos pattes et correspondent à l’aller-retour à la ferme. Moralité : ne pas toujours faire confiance aux applications qui s’appuient sur les données renseignées par les randonneurs ! Au final, la rando complète fait 12 km. Nous avons fait 3 km de plus vu qu’on ne savait pas qu’il y avait un parking (payant) au départ de la randonnée.

On va bien dormir ce soir !