La Baie de Phang Nga

Hier, j’ai réservé un bateau privé pour visiter la Baie de Phang Nga. À 8h15 nous arrivons au petit embarcadère où Hanah nous rejoint. Objectif : Koh Tapu, l’île rendue célèbre par James Bond puisqu’on la voit dans L’homme au pistolet d’or.  

Balade à Koh Tapu, James Bond island

Nous traversons d’abord la mangrove avant d’arriver dans le décor si particulier du parc national de Ao Phang Nga avec tous ses pitons rocheux recouverts de forêt qui parsèment la mer d’Andaman. 

Comme toute la région, Koh Tapu a été dévastée par le tsunami géant de décembre 2004 mais le rocher qui fait sa renommée a tenu bon. Pour le préserver, il est interdit de s’en approcher en bateau. Le pilote nous débarque sur une autre plage où nous payons l’entrée dans le parc national dont le bureau est encastré dans la falaise, puis nous suivons un chemin qui mène à la plage du rocher. 

À l’opposé, derrière les boutiques, une autre petite plage offre une belle vue sur les îles.  

Nous déclinons la proposition de faire du kayak autour d’une autre île. Le seul intérêt est de passer sous une arche que l’on voit très bien du bateau. 

Cela nous permet de passer davantage de temps à Koh Panyee, un îlot sur pilotis accroché à un piton rocheux construit par une communauté de pêcheurs javanais. Notre pilote nous donne 1 heure pour en faire le tour et ce n’est pas de trop car c’est bien plus grand qu’il n’y paraît.  

Le terrain de foot de Koh Panyee a deux particularités : il est flottant et il a la plus belle vue du monde. 

On se demande comment certaines maisons arrivent à tenir, montées sur leurs pieux qui semblent bien frêles plantés dans la vase.

De retour à terre, nous montons au point de vue de Samet Nangshe pour prendre de la hauteur sur les îles. Que c’est beau ! 

Nous faisons quelques achats à ramener en France et allons jusqu’à la côte ouest. Je m’attendais à trouver plein de boutiques, restaurants et hôtels mais ce n’est pas du tout le cas. Il y a très peu de touristes, les plages sont vastes, vierges, bordée de forêt et désertes.

Pour la dernière soirée, nous prenons l’apéro sur la terrasse de notre chambre et profitons de la piscine.

Le lac Cheow Lan et Khao Na Nai Luang Dharma Park 

Par la grande baie vitrée face à notre lit, nous voyons que les nuages sont toujours bien bas. Tant pis, on maintient le programme. Nous nous sommes mis d’accord avec la propriétaire de l’hôtel hier soir pour qu’elle nous serve le petit-déjeuner après notre balade sur le lac. Partir tôt est la meilleure solution pour éviter les groupes qui arrivent à partir de 9h30. 

Le lac Cheow Larn 

Nous nous garons sur le parking au-dessus de l’embarcadère et allons négocier un bateau. Notre “capitaine” (c’est ainsi qu’il s’est présenté !) est très sympa et marrant. Il est ravi que je lui demande si je peux le prendre en photo et prend immédiatement la pose ! 

On vient visiter le Parc national de Khao Sok principalement pour sa forêt tropicale, plus ancienne encore que la forêt amazonienne, et pour le lac Cheow Larn. Ce dernier est apparu lors de la construction du barrage Ratchaprapha dans les années 1980, qui a provoqué l’inondation de la vallée et nécessité l’évacuation de 5 villages désormais immergés. Des eaux émeraude du lac émerge aujourd’hui une centaine de pitons karstiques calcaires envahis de végétation sur fond de jungle, une sorte de Baie d’Halong en eau douce. Ces pitons, qui forment un paysage spectaculaire, sont les sommets et crêtes de massifs montagneux dont la base disparaît dans les profondeurs du lac. 

Malheureusement pour nous, la météo gâche un peu le moment et assombrit la surface de l’eau. Une averse nous fouette le visage sur le retour à l’embarcadère. Cela nous fera un argument de plus pour revenir un jour et visiter le Parc national de Khao Sok plus en profondeur. 

En partant du parking, j’envoie un message à la propriétaire de l’hôtel et, à notre retour, le petit-déj est servi sur la terrasse devant notre chambre. Royal ! 

Khao Na Nai Luang Dharma Park

Le site vers lequel nous nous dirigeons maintenant, je l’ai découvert en fouillant la carte sur Google maps. Uthayan Tham Na Nai Luang, ou Khao Na Nai Luang Dharma Park, est un temple composé de 6 pagodes disséminées dans la montagne, reliées par des escaliers et des passerelles. La plus haute pagode culmine à 300 mètres d’altitude. L’entrée et le parking sont gratuits (pour l’instant !) et il n’y a quasiment personne. 

Dès la porte d’entrée, nous sommes séduits. Nommée porte de Phutawadi, elle est très jolie et nichée dans une végétation dense. D’ici on mesure l’ampleur de l’effort qu’il va falloir fournir pour visiter toutes les pagodes. On les dirait comme suspendues dans les arbres. 

Il fait très chaud et malgré l’ombre que procurent les grand arbres, l’ascension est fatigante. Les marches sont hyper hautes, elles font au moins 35 cm de haut, et il y en a vraiment beaucoup ! Les pagodes sont toutes différentes. Certaines sont en latérite, d’autres peintes en blanc ou encore dorées. Celle du milieu est magnifique entourée de bougainvilliers en fleurs, les deux en latérite sont agrémentées d’un bassin, l’avant-dernière est remplie de Bouddhas dans diverses positions. Chaque pagode offre une vue sur les autres, avec la jungle et les plantations de palmiers en toile de fond. 

Pour se reposer, nous filons au Kuan Nom Saow Restaurant. Perché a flanc de montagne, ce petit resto de plein air est super mignon et le panorama sur les reliefs envahis par la jungle est à couper le souffle. 

Nous nous installons en fin d’après-midi à l’hôtel Baan Nai situé sur les hauteurs de Ao Nang. Le cadre est somptueux, les oiseaux chantent, la chambre est top… Encore un rapport qualité-prix imbattable (47 € la nuit !). 

Comme nous sommes à plusieurs kilomètres du centre, nous prenons le tuktuk gratuit proposé par l’hôtel pour aller au marché de nuit. Là nous déchantons un peu ! C’est plein de boutiques pour touristes (y compris contrefaçons) beaucoup plus chères qu’ailleurs, il y a foule, les scooters pullulent, beaucoup de restos ont la musique à fond… pas trop notre truc. On choisit l’un des seuls restaurants calmes, un italien, et il s’avère plutôt bon.

Ça ne doit pas être facile de retrouver son scooter !

La merveilleuse Phraya Nakhon cave

J’adore les petit-déjeuners en Thaïlande !

Le site majeur du Parc national de Sam Roi Yot est au programme de la matinée. Il s’agit d’une grotte ouverte en son sommet et à l’intérieur de laquelle se trouve un pavillon royal. La route d’accès est en travaux, l’ancien pont est en cours de reconstruction, et il faut passer par un petit pont de bois qui semble bien artisanal.  

Phraya Nakhon cave, le joyau de Sam Roi Yot 

La grotte Phraya Nakhon est une cavité dont le plafond est percé, ce qui laisse passer la lumière naturelle. En hiver, entre 10h et 11h30, les rayons du soleil pénètrent dans la grotte et éclairent le pavillon royal construit en 1896 pour accueillir le roi Rama V. C’est absolument somptueux. 

Pour s’y rendre, point de route ! Depuis le village de Bang Pu, il faut se farcir une rando de 3 km aller-retour qui monte, puis descend, sur la plage de Laem Sala, puis de là remonter par des escaliers taillés dans la montagne jusqu’à l’entrée de la grotte. Il y a bien des bateaux qui font la liaison du parking jusqu’à la plage mais il faut croire qu’on aime souffrir sous la chaleur puisqu’on fait tout à pied.  

On arrive d’abord dans une première salle dont le plafond est percé de deux trous permettant à la végétation de pousser dans la grotte.  

Puis dans la seconde salle, immense, se dévoile le fameux pavillon rouge et doré auréolé des rayons du soleil. 

Les gens présents sont assez respectueux car tout le monde parle à voix basse. Sur une paroi, les rois Rama V (à droite) et Rama VII (à gauche) ont laissé leur signature lors de leur visite, faisant de Phraya Nakhon cave un lieu hautement historique pour les Thaïlandais. 

En redescendant vers la plage, la propriétaire de l’hôtel nous avait dit de bien regarder dans les arbres car une colonie de singes à lunettes (Semnopithèques obscurs) vit dans la forêt aux abords de la grotte. Et pas manqué, grâce à un guide Thaï, on arrive à en voir plusieurs qui sautent dans les arbres. Impossible de les prendre en photo à cause du feuillage mais on voit bien leurs yeux cernés de blanc et leur longue queue. 

Bien que la rando ne fasse que 1,5 km (3 km aller-retour), nous avons mis près d’une heure pour arriver à l’entrée de la grotte et presque 3 heures au total. Partis à 9h15, il est midi quand nous sommes de retour à la voiture.  

À Prachuap Khiri Khan, nous ignorons volontairement la montée au Wat Khao Chong Krachok. Nous avons assez crapahuté ce matin et ce temple a la réputation d’être fréquenté par des macaques agressifs. Très peu pour nous ! Nous préférons tenter notre chance d’apercevoir les semnopithèques obscurs du côté de la base militaire. Nous faisons tout de même un tour sur la jetée pour voir le Wat Khao Chong Krachok qui domine la ville. 

Les semnopithèques obscurs de Prachuap

Nous reprenons la voiture pour 5 minutes et j’indique à Laurent de tourner à gauche sur la base aérienne. Un garde nous fait signe d’avancer sans même nous contrôler. C’est assez surprenant mais les visiteurs ont le droit de circuler librement. Il y a même un golf, des restaurants, une plage… Nous passons un 2e poste de contrôle, on dit qu’on vient voir les singes et le militaire me remet une plaque à mettre sur le tableau de bord de la voiture en échange de mon passeport. C’est quand même bizarre comme situation : on est en train de chercher des singes et un camion plein de soldats armés s’arrête à côté pour faire des exercices !  

On cherche mais on ne les trouve pas. Il y a une autre famille qui cherche aussi et le monsieur finit par repérer un singe au loin. Un guide Thaï arrive avec un sac plein d’épis de maïs et les singes se rapprochent.  

Attirés par le maïs, tout un groupe vient finalement à notre rencontre pour casser la croûte. Il y a même un bébé, très repérable avec son pelage jaune. Chez les semnopithèques, les petits naissent jaune pour être facilement repérés et mieux protégés par les adultes, puis ils deviennent gris vers l’âge de 5 mois.  

Je vais chercher des bananes dans la voiture mais le monsieur Thaï me dit qu’ils n’aiment pas ça. Comment ?!? On m’aurait menti toute ma vie ? Les singes ne mangent pas de bananes ?!? En effet, ils boudent mes bananes et le monsieur, très gentiment, me donne son sac de maïs.  

Cependant, l’un des singes n’apprécie pas et jette le maïs que je lui tends.

Je retente ma chance avec une banane, la maman s’en saisit et part la manger avec son petit. Et paf monsieur le guide, les singes aiment les bananes ! La vérité est rétablie et la preuve en image est irréfutable. 

Ces singes sont sociables et pas du tout agressifs, contrairement aux macaques. Et avec leur pelage duveteux et leurs petits yeux cernés de blanc, on est au comble de la mignonnerie. 

En fin de journée, nous profitons un peu de notre hôtel 4* face à la plage au sud de Prachuap. C’est le plus cher de notre séjour : 90€ pour une suite de 85 m², petit-déj buffet inclus. D’un point de vue rapport qualité-prix, on est pas mal.

Sam Roi Yot national park

Encore peu proposé dans les circuits touristiques classiques, le Parc national de Sam Roi Yot est une pure merveille. 

Bueng Bua, le lac du Parc national de Sam Roi Yot 

Le parc national est divisé en plusieurs parties, toutes accessibles avec le même ticket d’entrée valable 1 journée. 

Nous nous rendons à Bueng Bua, un lac marécageux encadré de montagnes où les oiseaux trouvent refuge dans les lotus sacrés et les nénuphars. Un ponton permet de “marcher sur l’eau” pour s’approcher de la faune et de la flore du lac mais c’est en bateau que l’on profite le mieux du site. Nous prenons donc un bateau et nous laissons guider parmi les joncs et les étendues de lotus sacrés dont les feuilles immenses abritent les aigrettes et autres nombreux volatiles qui peuplent le marais. Le pilote coupe régulièrement le moteur pour avancer à la rame, sans bruit. 

Avec les montagnes en toile de fond, les paysages sont somptueux. C’est vraiment magnifique et, comme ils ont pensé à tout, notre barque est même assortie aux couleurs des lotus ! 

Le pilote nous indique une grotte dans la montagne. Nous accostons sur un ponton et entreprenons l’ascension dans la forêt jusqu’à l’entrée de la cavité. A l’intérieur, stalagmites, stalactites et un Bouddha. Probablement des chauves-souris aussi… on entend bruisser dans l’obscurité au fond. 

La balade à pied sur le ponton flambant neuf (l’ancien a été détruit) est chouette aussi mais on voit beaucoup moins d’oiseaux, très peu de lotus et le panorama sur les montagnes manque de recul. 

Khao Daeng viewpoint 

Après avoir traînassé dans le bateau, un peu d’exercice s’impose ! Au sud du parc national de Sam Roi Yot, nous partons à l’assaut du Khao Daeng pour une vue sur les environs depuis le sommet. La montée est difficile, sur un terrain irrégulier dans des rochers très coupants. En haut, on a vue sur le Golfe de Thaïlande et les élevages de crevettes. 

On croise le chemin d’une scolopendre, charmante petite bête style mille-pattes dont la morsure très douloureuse peut-être mortelle. On ne dirait pas comme ça ! Et aussi des macaques qui jouent à cache-cache. 

Au pied du Khao Deng viewpoint se trouve le Wat Khao Daeng dans son écrin de montagnes. Un Bouddha un peu particulier, coupé en deux, est posé devant le temple. 

Notre hôtel est à 20 minutes. Nous nous installons tranquillement puis partons faire un tour sur la plage juste devant.

J’ai réservé un massage thaïlandais pour 18h. J’adore ces massages énergiques, ça fait mal sur le coup mais finalement ça fait du bien ! Laurent est petit joueur, il n’a pas voulu tenter l’expérience ! 

Oslo

En se levant, on constate que la météo ne s’est pas trompée. Il pleut. Nous laissons définitivement tomber la randonnée et partons pour Oslo où nous trouvons un ciel plus clément et 21°.

Si je n’avais pas prévu la visite de la capitale à la base, c’est parce que j’avais du mal à y trouver un réel intérêt. Disons qu’on a vu Oslo et qu’Oslo ne nous laissera pas un souvenir indélébile ! Il doit être agréable d’y vivre, surtout dans certains quartiers aérés et très verts comme Bygdøy et Holmenkollen, mais on a visité des villes bien plus séduisantes sur le plan touristique. Ceci dit, comme nous n’avons pas préparé cette journée, il est possible que nous soyons passés à côté de lieux intéressants.

Dans le secteur piéton, on trouve la cathédrale et le Parlement

Puis on arrive à l’opéra d’Oslo, tout en granit blanc et marbre de Carrare. Tout ce blanc est éblouissant ! De chaque côté du bâtiment occupé par la scène de l’opéra, des rampes permettent de prendre de la hauteur pour voir le fjord d’Oslo et la ville.

On se dirige ensuite vers la citadelle d’Akershus, dont les plus anciens bâtiments datent du 13ème siècle. C’est dans l’église de la citadelle que reposent les couples royaux de Norvège depuis l’indépendance du pays en 1905.

À côté de l’hôtel de ville, se trouve le Centre Nobel de la Paix. Il s’agit d’un musée qui accueille des expositions ainsi que des activités inspirées par les idées et le travail des lauréats du prix Nobel de la paix ; le Prix est décerné le 10 décembre de chaque année à l’hôtel de ville.

À quelques centaines de mètres, en haut d’une petite colline, trône le Palais Royal. Pas terrible…

Après la balade dans le centre-ville, nous reprenons la voiture pour aller à Bygdøy. Cette presqu’île abrite plusieurs musées et celui qui aurait pu nous plaire, le musée des navires Vikings, est fermé pour travaux jusqu’en 2027. On se contente d’un tour en bord de mer avec la vue sur Oslo. On aperçoit le tremplin de saut à ski en haut de la colline en face et on décide d’y aller.

C’est assez impressionnant de voir le tremplin de près. Ça paraît moins grand quand on regarde les compétitions à la télé ! En service depuis 1892, c’est l’un des plus vieux tremplin du monde.

Ce qui est drôle, c’est le panneau des records enregistrés : 21,5 mètres en 1892 ; 139,5 mètres en 2010 !

De part et d’autre du tremplin, il y a la chapelle de Holmenkollen et l’hôtel Scandic à l’architecture qui rappelle celle des stavkirke.

On passe notre dernière soirée en Norvège dans un bar à tapas ! Demain nous rejoignons Kristiansand pour boucler la boucle et reprendre le ferry en direction du Danemark.