Mount Hood

Au réveil, on dirait que les nuages sont moins bas et moins denses qu’hier. Le temps de se préparer, on aperçoit même du ciel bleu. En revanche, le Mont Hood ne se dévoile toujours pas, les nuages y restent accrochés comme des moules sur leur rocher !

Le vieux Timberline lodge a quelque chose de mystérieux dans cette ambiance brumeuse.

On est quand même loin de l’atmosphère horriblement angoissante du film The Shining, dont les scènes extérieures ont été tournées devant la façade. Il y avait juste un peu plus de neige lors du tournage. Mais de la neige, il doit y en avoir en altitude car les remontées mécaniques sont en service et on croise des gens en combi de ski avec leur snowboard sous le bras. On croise aussi des randonneurs qui font le Pacific Crest Trail. On les reconnaît à l’odeur (!) et aux duvets humides qu’ils étendent sur les racks prévus à cet effet dans la salle commune du lodge.

On descend ensuite vers Mount Hood Meadows pour faire une randonnée en boucle permettant de voir deux cascades. On arrive vite à la première, Umbrella falls.

Mount Hood meadows

Le chemin serpente dans la forêt de pins, ça sent super bon. Certains arbres ont leur tronc recouvert de mousse.

On traverse des prairies remplies de fleurs sauvages et on se rend compte qu’on marche sur les pistes de ski !

En remontant vers Sahale falls, il y a plein de myrtilles. Un panneau indique que les tribus indiennes viennent ici pour les récolter et qu’il est interdit de les cueillir, à moins d’être indien.

Pour atteindre Sahale falls, c’est une autre histoire ! On ne peut pas vraiment appeler ça un chemin. On descend comme on peut en s’accrochant aux arbres et en prenant appui sur les rochers. Parfois sur les pieds, parfois sur les fesses. Ça glisse, c’est pas pratique mais on y parvient.

L’endroit rêvé pour un pique-nique !

L’application AllTraills conseillait de marcher dans le sens anti horaire mais, en faisant la randonnée dans le sens horaire, on s’est épargné une remontée fastidieuse vers le parking. Et en arrivant à la fin, le Mont Hood se dévoile enfin partiellement.

De retour à l’appartement, c’est repos pour les garçons et piscine-jacuzzi pour Laurent et moi.

On termine par un petit bœuf wagyu au barbecue, accompagné d’un vin rouge local.

Columbia river gorge

On quitte notre chaleureux chalet de Packwood sous les nuages, direction l’Oregon. Après 3 jours en montagne, on a besoin de faire quelques courses et on s’arrête à Troutdale, ville où on dort ce soir. L’idée est de pique-niquer à Wahkeena fall pour ensuite rejoindre à pied Multnomah falls. Comme je n’ai pas réussi à réserver le permis pour stationner sur le parking officiel de Multnomah falls et que le parking privé est minuscule (et payant), c’était d’après moi la solution idéale. Sauf que le parking de Wahkeena est complet. On est dimanche et il y a foule à pique-niquer ici. On file alors pour trouver une autre aire de repos mais il n’y en a pas. On s’arrête à Oneonta gorge en espérant trouver un endroit sympa sur le chemin vers Triple falls mais il est étroit, rocailleux, poussiéreux…

On finit par arriver à Triple falls et là, enfin, on arrive à s’installer. Il est 13h30, on commence à avoir faim !

Je n’ai pas tellement aimé cette randonnée. Certes, la chute d’eau est jolie mais le chemin n’est pas agréable, on entend beaucoup l’autoroute au début et à la fin, il y a beaucoup de passages dans la caillasse, je pensais qu’on verrait d’autres chutes sur le chemin et les séquelles de l’incendie ravageur de 2017 sont flagrantes (incendie provoqué par un jeune de 15 ans qui a eu l’idée débile de lancer un feu d’artifice en pleine forêt !). La végétation n’a pas repoussé et le paysage est triste à mourir ! Les garçons sont moins négatifs que moi, ils ont aimé la belle chute d’eau à la fin (fin qui n’en est pas une puisqu’il est possible de continuer sur encore 5 miles).

Au retour, il y a un embranchement qui indique Multnomah falls à 3 km. Laurent propose de le tenter. À mi-chemin, force est de constater qu’on ne pourra pas aller au bout. Le « chemin » n’est pas entretenu, c’est envahi par la végétation, il y a des ronces, on doit enjamber des troncs d’arbres tombés et ça monte très raide. Même Axel dit que ce n’est pas jouable et un groupe de jeunes qui la tenté nous dit la même chose. Demi tour !

On reprend la voiture en espérant avoir plus de chance que ce matin et on trouve en effet à se garer à Wahkeena. On se rend au pied de la jolie Wahkeena fall.

D’ici, un vrai chemin part vers les Multnomah falls, qui sont les stars du coin ! Deux chutes s’enchaînent, dont la plus grande mesure 165 mètres. Un petit pont permet de voir de plus près la chute supérieure.

Sur le retour vers Troutdale, on s’arrête à Latourell falls. Là encore, il nous faut faire 3 fois le tour du mini parking avant de trouver une place. C’est un constat général : les parkings de la Columbia river gorge sont sous dimensionnés par rapport aux flux de visiteurs. C’est sûrement un bon moyen pour limiter l’affluence mais cela crée de la frustration. Mieux vaut éviter le dimanche car les américains viennent en masse pour le week-end, mais ce n’est pas toujours facile de tenir compte des jours quand on est en road trip.

Deux derniers arrêts à Vista house et un point de vue plus loin nous offrent de larges panoramas sur la Columbia river qui marque la frontière entre l’Oregon et l’Etat de Washington.

Pour dîner, on se fait encore refouler d’un bar-restaurant qui n’accepte pas les mineurs. La serveuse nous indique un pub à 100 mètres en nous assurant qu’il est très bien. Et en effet, elle ne s’est pas trompée. Par contre on ne comprend toujours pas pourquoi certains bars acceptent les mineurs et d’autres non !

Mount Rainier National Park – Paradise

Aujourd’hui on découvre la face sud du Mont Rainier, dans le secteur de Paradise. J’ai réussi à avoir le premier créneau de 9-11 h pour entrer dans le parc national. On fait d’abord un arrêt aux Reflection lakes dans lesquels, comme leur nom l’indique, se reflète le Mont Rainier. Le vent est en train de se lever et le reflet se brouille petit à petit, il faut faire vite pour la photo.

Skyline trail, un panorama hors norme sur le Mont Rainier

La météo est encore parfaite aujourd’hui. On a de la chance.

Le parking principal de Paradise est déjà bien rempli mais on arrive à se caser entre deux voitures. On démarre la randonnée de Skyline trail vers 10h. Le chemin monte sec (539 mètres de dénivelé) et se rapproche de la base du sommet et des glaciers. On entend d’ailleurs la glace craquer et chuter à deux reprises. Le Mont Rainier abrite la plus grande superficie de glaciers des États-Unis (hors Alaska) et leur épaisseur atteint jusqu’à 228 mètres. C’est un peu le Mont Blanc américain.

Des marmottes font le show dans les rochers.

Il reste des plaques de neige par endroits. Il a neigé jusqu’en juin. Parfois on marche dessus, parfois cela oblige à contourner le chemin et avec la fonte, on a même des arches de neige. L’été ici ne dure vraiment que 2 mois, dès le mois de septembre la neige sera probablement de retour.

La flore et la faune, en l’occurrence les marmottes et les écureuils, agrémentent la randonnée.

On aperçoit le visitor center et le parking mais ils ne sont pas encore à notre portée. Il reste du chemin à parcourir, d’autant plus qu’on a opté pour la version longue (9 km au total) alors qu’un raccourci nous faisait de l’œil !

À la fin de la rando, une dernière descente nous mène aux Myrtle falls. Une belle chute d’eau mais l’observatoire n’est pas grand et il y a trop de monde ! C’est d’ailleurs le constat global sur cette randonnée : les paysages sont magnifiques mais il y a trop de monde. Heureusement qu’ils ont mis des quotas journaliers avec les réservations !

Sur le chemin du retour vers Packwood, on fait un premier arrêt à Narada falls, puis Christine falls (pensée à ma copine de toujours) et enfin à Longmire où ont été bâtis les premiers bâtiments du parc national à sa création en 1899.

Lorsqu’on sort du parc, on croise une file interminable de voitures à partir du guichet des rangers. Les gens qui n’ont pas réussi à réserver un créneau pour entrer ont la possibilité de pénétrer dans le parc national sans réservation, mais seulement avant 7h ou après 15h. Il est 15h50 et il doit bien y avoir 2 km de bouchons ! Je n’ose pas imaginer la foule qu’il y aurait eu sur la randonnée si tous ces gens-là avaient pu entrer sans restriction.

On s’arrête au Packwood lodge car il y a un rassemblement de vieilles voitures américaines qui intéresse les garçons, puis on boit une bière locale à la brasserie de Packwood. On adore l’ambiance !

La soirée se termine comme hier, un petit tour dans le jacuzzi et une partie de poker. Axel est le premier à perdre donc c’est lui qui prépare le repas (des pâtes à la sauce tomate, ça va, c’est à sa portée !).

Mount Rainier National Park – Sunrise

Le Mont Rainier est le 2e plus haut sommet des États-Unis et le point culminant de la chaîne volcanique des Cascades. Il culmine à 4392 mètres. Ce stratovolcan est toujours actif et pourrait se réveiller à tout moment, comme l’a fait le Mont St Helens un peu plus au sud en 1980. Si cela se produisait, sa calotte glaciaire fondrait et provoquerait de terribles inondations. Mais pour le moment, il dort sous le soleil alors on va en profiter !

Pour la première année, le parc teste un système de réservation pour tenter de réguler le flux des nombreux visiteurs. J’ai donc réservé dès le 1er avril, à l’ouverture du planning pour le mois de juillet. Malgré cette anticipation, je n’ai pas réussi à avoir le créneau de 9-11 h mais celui de 11-13 h. On fait donc une petite grasse matinée et on arrive au guichet des rangers à 10h50. Ça passe.

Sunrise rim trail

Aujourd’hui, on explore le flanc nord du Mont Rainier, dans le secteur de Sunrise. La randonnée du jour est Sunrise Rim avec un crochet par Shadow lake. Un circuit de 8,4 km, avec 337 mètres de dénivelé, qui va nous mener à 2188 mètres d’altitude. Déjà sur le trajet, le sommet se dévoile.

Entre les prairies fleuries, les lacs et la vue quasi permanente sur les glaciers du Mont Rainier, c’est un enchantement.

On passe devant Frozen lake, qui fournit l’eau potable du secteur, puis le sentier s’élève sévèrement, offrant une vue plongeante sur le lac.

Une grosse marmotte dévale la pente et passe devant les pieds de Léo.

Arrivés en haut de la crête, on se pose pour pique-niquer. On voit au loin (mais pas si loin que ça) les fumées du feu de forêt qui sévit depuis hier soir dans la vallée de Yakima. On pourrait croire à un nuage mais c’est bien un panache de fumée.

En France, on entend beaucoup parler des feux en Californie mais dans l’Oregon, dans l’Etat de Washington et au Canada, ça brûle énormément aussi. On voit sur ces cartes le nombre de feux et l’étendue des fumées. Certains incendies pourraient bien compromettre certaines randonnées prévues dans les jours à venir en Oregon.

Maintenant on redescend, c’est plus reposant que la montée ! On a alors une belle vue sur un joli lac turquoise.

On arrive ensuite à Shadow lake dans lequel les sapins se reflètent.

Avec la pause pique-nique, on a mis à peu près 3h30 à boucler cette rando. On termine par un petit tour au visitor center et on file au chalet pour une séance de jacuzzi suivie d’une partie de poker que j’ai fini par perdre sur tapis en duel avec Axel. Pourtant mon tas de jetons était bien fourni ! Je l’aurai demain !!!

Direction le Mont Rainier

On prend tranquillement la direction du Mont Rainier en faisant une pause aux magasins outlets d’Auburn (encore !). Axel n’a apporté que des shorts pour randonner alors que les températures annoncées au Mont Rainier sont proches de 5° le matin. On achète un bas de jogging dans un magasin de destockage, ça fera l’affaire.

Notre objectif est la randonnée de Naches peak. Quand on arrive au niveau du parking, on est dans les nuages ! Décidément ! Il fait assez beau partout autour mais ici les nuages stagnent. On poursuit sur 1 km pour retrouver le soleil afin de pique-niquer et on retourne ensuite vers le parking qui est toujours dans la brume. C’est fous cette différence de météo à si peu de distance d’intervalle. Tant pis, on se lance en espérant que le ciel se dégage.

Naches Peak loop

On se gare en face de Tipsoo lake, recouvert pour l’instant d’une chape brumeuse.

La randonnée n’offre forcément que des vues limitées dans ces conditions, donc on se focalise sur le premier plan : les fleurs et les écureuils.

À peu près à mi-chemin, les nuages se dissipent et on commence à apprécier les paysages plus lointains.

Puis le soleil s’impose et on profite vraiment de la beauté des lacs qui rythment la randonnée, avec toutes ces fleurs qui apportent leur touche multicolore. C’est magnifique.

Mine de rien, on a parcouru une partie du Pacific Crest Trail. Une partie infime de cette randonnée mythique de 4240 km qui suit les crêtes de la chaîne des Rocheuses, du sud de la Californie à la frontière canadienne. Il faut entre 4 et 6 mois pour la faire en entier. Avant de partir on a re-regardé Wild pour se mettre dans l’ambiance !

On aura fait seulement 5 km des 4240 du PCT mais on a la photo du panneau !!!

De retour au Tipsoo lake, le soleil est bel et bien là et le ressenti est très différent maintenant. En moins de 2 heures, le paysage n’est plus le même.

Même le Mont Rainier commence à se dévoiler doucement.

En roulant vers Packwood, où nous posons nos valises pour 3 nuits dans un beau chalet au cœur de la forêt, on entre réellement dans le parc national du Mont Rainier.