Los Hervideros et El Golfo

Direction la côte ouest aujourd’hui. La route côtière est fermée pour travaux (elle s’est effondrée dans la mer) et le parking est fermé aussi mais on peut accéder à los Hervideros en stationnant au bord de la route. Il faut faire attention à ne pas mettre les roues dans le malpais. Cette étendue de lave pétrifiée, bien rugueuse et irrégulière, est coupante (mon mollet gauche en a fait la douloureuse expérience) !

La balade de los Hervideros consiste à longer la falaise basaltique creusée par les vagues puissantes de l’Atlantique. À marée haute, le souffle des vagues quand elles s’engouffrent dans les cavités qu’elles creusent petit à petit dans la falaise est impressionnant.

En remontant vers El Golfo, un arrêt s’impose au pied de la montaña Bermeja. Une lagune d’eau de mer fait un beau premier plan à ce petit volcan rouge qui fait face à l’Atlantique.

Depuis le village de pêcheurs de El Golfo, un itinéraire de randonnée longe la côte avant de revenir vers le village par les volcans (itinéraire surligné en rouge sur la carte ci-dessous). Une rando de 8 km qui démarre par un sentier caillouteux dans le champ de lave des volcans du parc national de Timanfaya et permet ensuite d’accéder à la plage de sable noir del Paso. C’est la seule randonnée que l’on peut faire en autonomie dans le parc de Timanfaya ; les autres sont obligatoirement accompagnées par des guides du parc national. Et même sur cet itinéraire autorisé, les gardes patrouillent pour veiller à ce qu’aucun randonneur ne sorte des chemins balisés.

En remontant de la plage, le chemin devient une piste beaucoup plus praticable et qui offre une belle vue sur la chaîne des vieux volcans au sud du parc national et sur le village de El Golfo.

El Charco de los Clicos (lago verde)

À l’entrée du village de El Golfo, se trouve un lieu hautement touristique : El Charco de los Clicos, ou en français, la lagune verte. Attaquées par l’océan, les roches poreuses du volcan se sont érodées et l’ancien cratère a été partiellement comblé par le sable, ce qui a créé une retenue d’eau qui se remplit par infiltration à marée haute. La couleur verte de la lagune est due au développement d’une algue et à la forte teneur en sel de l’eau. Le paysage polychrome est magnifique. Le vert, les variations de bleus, le rouge, l’ocre, le noir… wahou !

L’accès à la lagune est interdit et un belvédère a été aménagé pour observer sans dénaturer ce site. Quant à la plage qui se trouve juste à côté, on peut normalement y aller mais le tournage de la série Foundation en a pris possession et un vigile nous dissuade gentiment mais fermement de passer.

La journée se termine de la même façon que les précédentes : avec un verre de vin de Lanzarote à l’apéro !

Le nord de Lanzarote : Cueva de los verdes, Playa Caleton blanco et Monte Corona

On se lève ce matin encore avec le soleil qui nous permet de prendre de nouveau le petit-déjeuner dehors. C’est bien agréable ! Mais des nuages arrivent du nord et le temps se couvre. Plutôt que de filer faire l’ascension du monte Corona, le volcan le plus au nord, nous nous arrêtons au petit musée-boutique de l’aloe vera. Un film en français nous explique l’origine, la culture et les bienfaits de cette plante qui pousse particulièrement bien à Lanzarote. Entre Léo qui a pris des coups de soleil hier et Axel avec son acné, on a deux cobayes pour tester l’efficacité de l’aloe vera ! Pendant ce temps, une averse tombe durant 2 minutes maximum. On décide d’aller visiter la cueva de los verdes.

La Cueva de los verdes

La Cueva de los verdes est aménagée dans un tube de lave, appelé le tunnel de l’Atlantide, né de l’éruption du volcan de la Corona. Depuis le cône volcanique, il courre sur 8 km et se prolonge même jusque sous la mer. C’est le plus grand tunnel de lave sous-marin du monde. Deux sites touristiques ont été créés dans le tunnel : los Jameos del agua et la Cueva de los verdes.

Sur un kilomètre, la Cueva de los verdes a été aménagée en véritable œuvre d’art par Jesus Soto. Les jeux de lumière magnifient les cavités, mettant en valeur les différentes strates et textures de lave et les couleurs naturelles liées aux gaz, oxydes, dépôts salins, etc. La visite permet de parcourir d’abord le tunnel inférieur puis le tunnel supérieur. La hauteur du tube peut atteindre 50 mètres et 15 mètres de largeur !

Par endroits, des trous dans le plafond du tunnel inférieur laissent apercevoir le tunnel supérieur .

Nous n’avons pas entendu grand chose des explications du guide car il avançait assez vite et nous pas trop… nous avons pas mal traîné à l’arrière du groupe pour éviter l’effet troupeau et pour prendre le temps de photographier cette merveille.

En sortant, on constate que les nuages sont moins nombreux et moins denses. En amont de la Cueva de los verdes, j’avais repéré des « trous » sur Google maps. On décide d’aller voir de plus près.

Il s’agit toujours du même tube de lave de l’Atlantide, issu du volcan de la Corona, dont plusieurs parties sont écroulées.

Caleton blanco

En poursuivant vers le nord, on arrive à de petites plages de sable immaculé parsemées de rochers volcaniques qui forment des piscines naturelles. Le contraste entre le blanc du sable, le bleu caraïbes de l’océan et le noir de la roche crée un paysage assez irréel sur cette île où domine le gris. Le village d’Orzola, tout de blanc vêtu, est installé sous le volcan et face à l’océan. Des flots tumultueux de l’Atlantique ou du volcan, on se demande ce qu’il défie.

Il est 14h passé, on commence à avoir faim. Le restaurant du volcan est fermé et celui d’Orzola est plein. On se retrouve dans le mignon village de Haria pour déjeuner à La Porte Verte (hautement recommandable !).

Randonnée sur le volcan de la Corona

Le ventre plein, on retourne sur nos pas pour enfin faire l’ascension du monte Corona. Après avoir visité ses entrailles et lui avoir tourné autour toute la journée, il est temps de découvrir son cratère. Contrairement aux volcans du centre de l’île, celui-ci est très ancien et le plus haut de Lanzarote. Son apparition remonte à plus de 21600 ans. Ses éruptions ont créé le malpais (chaos de lave figée) qui s’étend sur la côte est et ses cascades de lave de plus de 400 mètres de haut se sont déversées vers la côte ouest, en direction des falaises de Famara. La randonnée de 3 km, qui part de la petite église de Yé, permet d’accéder à la caldera de ce volcan (130 mètres de dénivelé).

Les garçons se sont amusés à porter les cailloux volcaniques de manière plus ou moins élégante !

Le ciel et la lumière étant magnifiques, nous décidons de monter au mirador del Rio. On sait qu’il est malheureusement fermé cette semaine à cause du tournage de la saison II de la série Apple TV « Foundation », mais on peut se garer un peu avant pour profiter de la vue sur l’île de la Graciosa, les salines et la plage del Risco.

El cuervo et la montaña colorada

Nous sommes arrivés hier soir à l’aéroport d’Arrecife avec 20 minutes d’avance que nous avons largement reperdues puisque nous avons attendu 2h30 au comptoir du loueur de voiture (Cicar est réputé… peut-être trop !).

Ce matin je découvre les premières joies des vacances à Lanzarote : boire mon café sur la terrasse ensoleillée de la maison, en plein mois de février, et prendre mon temps.

Dans l’antre du volcan El Cuervo

Lanzarote est une île volcanique qui est apparue il y a plusieurs millions d’années. Sur une surface de seulement 60 km sur 25, l’île compte une centaine de volcans et 300 cratères ! El Cuervo est le premier volcan à être entré en éruption lors de la longue période d’activité volcanique qui a commencée en septembre 1730. À partir de ce moment, les éruptions se sont enchaînées durant près de 6 ans, prenant fin au début de 1736. Ces phénomènes volcaniques ont modifié la physionomie de l’île, en recouvrant près d’un tiers de sa surface, notamment des terres fertiles, et en créant une trentaine de nouveaux volcans, dont El Cuervo fut le premier.

El Cuervo est caractéristique des volcans de Lanzarote : une faible altitude (388 mètres) et un petit cratère. Le chemin pour le découvrir en fait le tour, offrant une belle vue sur las Montañas de fuego – les volcans du parc national de Timanfaya – et permet surtout d’entrer à l’intérieur du cratère.

En face del Cuervo, il y’a un autre volcan nommé la montaña negra. Ce volcan, plus ancien que ses voisins, doit son nom à sa couleur noire, due à la cendre qui l’a recouvert lors des éruptions de 1730-1736. J’avais prévu d’en faire le tour puis d’enchaîner avec le tour de la montaña colorada un peu plus loin. Mais on a craint la saturation de « tours de volcans » et avons choisi d’aller directement vers la belle montaña colorada.

La montaña colorada, le volcan rouge

La couleur de la face sud-est de ce volcan est provoquée par la présence d’oxydes de fer. Ce côté est constitué de lapili alors que l’autre côté est un champ de lave. La principale curiosité, où la majorité des visiteurs s’arrête, est une bombe volcanique qui aurait été expulsée lors de l’éruption des Montañas del fuego, à quelques kilomètres d’ici, entre 1730 et 1736.

En début d’après-midi, nous avons cherché un endroit ombragé pour pique-niquer. On pensait trouver un arbre dans le village de Tinguaton… mais non, pas d’arbre. Nous avons continué notre route jusqu’à se retrouver en bord de mer. A défaut d’ombre, nous avons trouvé un cadre plutôt sympa pour manger nos sandwichs ! Au bout d’une petite piste un peu caillouteuse, ce lieu nommé Bajo de la montaña est assez captivant : un volcan rouge dont la moitié a été engloutie par l’océan Atlantique d’un bleu hypnotique.

Sur le retour vers notre maisonnette située à Playa Honda, nous nous arrêtons dans la seule bodega ouverte en ce dimanche : El Grifo. Lanzarote est une île aride mais les viticulteurs ont réussi à tirer le meilleur de son sol volcanique. Avec beaucoup d’ingéniosité, ils ont utilisé le gravier volcanique, qui retient particulièrement bien l’eau, et ont construit des petits murets pour protéger leurs cultures du vent. Les vignobles de Lanzarote sont uniques et très graphiques. Chaque pied de vigne est installé dans un creux et abrité par un muret, souvent en demi-cercle. Les vins ne sont pas donnés mais ils sont bons.

On termine la journée par une balade à pied sur le front de mer de Playa Honda où nous prenons un verre au soleil couchant. Ce village est un très bon point chute, bien situé pour visiter Lanzarote, paisible, agréable et plein de bons restos et commerces.

Le parc national des lacs de Plitvice

Qui n’a jamais vu des photos de ces innombrables cascades se déversant dans des bassins d’un vert émeraude au milieu d’une végétation dense ? Plitvice est le parc national le plus connu, le plus grand et le plus visité de Croatie (1 million de visiteurs par an) mais aussi le plus ancien d’Europe du sud. Il est inscrit sur la liste du Patrimoine mondial de l’UNESCO.

Son intérêt réside bien sûr dans les nombreuses chutes d’eau, ses 16 lacs séparés par des barrières de travertin, et également dans la forêt primaire de hêtres et de sapins qui leur sert d’écrin. Hormis les passerelles de bois qui permettent de visiter le parc, aucune intervention humaine n’y est tolérée et la baignade est fort heureusement interdite (on a quand même croisé un couillon en maillot avec sa serviette de bain !). On observe ici la nature dans son état sauvage et on en prend plein les yeux.

Depuis l’entrée 2, on prend un petit bateau pour traverser le lac Kozjac, le plus grand des lacs de Plitvice. Puis on décide de suivre plus ou moins l’itinéraire E, avec un peu du H, pour faire les lacs supérieurs. Ces lacs supérieurs sont entourés d’une forêt épaisse et le relief ici est peu marqué. Ça grimpe tranquille !

L’eau coule de partout, dévalant d’un lac à l’autre, et passant même sous les passerelles.

Le seul bémol c’est la foule. Il y a vraiment trop de monde et ça gâche un peu le plaisir. Il y a un quota de 5000 personnes par jour mais à certains endroits ça bouchonne. Et encore, il parait que parfois il faut attendre 2 heures pour acheter les tickets d’entrée ou pour prendre le bateau. J’avais réservé sur le site internet donc nous n’avons pas eu à faire la queue qui, en effet, était assez longue mais pas au point d’atteindre 2 heures d’attente. Visiblement personne ne sait qu’on peut aussi acheter les tickets en bas à l’entrée 2 (ce n’est indiqué nulle part) et là il n’y a presque pas d’attente.

Nous n’avons pas trop attendu non plus pour prendre le petit train ou les bateaux. A chaque fois nous sommes montés dans le premier qui arrivait. Donc ça aurait pu être pire niveau foule. J’imagine même pas…

Le phénomène naturel qui donne naissance à tous ces lacs et cascades est le même qu’au parc de Krka. Petite révision : l’eau de pluie, en cheminant à travers les fissures du sol, composé de calcaire et de dolomite, dissout la roche. Les sédiments se déposent sur les mousses et les algues, créant différentes formes karstiques, comme des grottes et des barrières de travertin. Ces barrières forment des barrages naturels, créant des cuvettes qui donnent naissance aux lacs et, par débordement ou infiltration, aux chutes d’eau.

Barrière de travertin
Tout ce qui est immergé est recouvert, petit à petit, par les sédiments. Les arbres deviennent pierre.

Au bout du dernier lac supérieur, nous prenons une sorte de petit train qui nous ramène à l’entrée 2. Après le pique-nique, nous longeons le lac Kozjac pour aller du côté des lacs inférieurs. Cette partie du parc est moins étendue, encaissée dans un canyon de falaises calcaires, et on est souvent à la queue leu leu !

Nous n’avons pas vu d’ours ni de loups qui peuplent les montagnes des alentours de Plitvice, mais un petit serpent.

C’est dans le Parc national des lacs de Plitvice qu’a éclaté le premier conflit de la guerre d’indépendance, en 1991. Des policiers serbes ont pris un bus de policiers croates en embuscade pour prendre le contrôle de la région. Et c’est ici aussi qu’a eu lieu le dernier affrontement, lors de l’opération Tempête lancée par les croates, qui a mis fin à la guerre en 1995. Un si joli lieu pour une si vilaine guerre.

Nous logeons à une dizaine de kilomètres du parc, dans un chalet rustique et mignon. Le propriétaire tient un restaurant sur la route des lacs et c’est sa maman qui nous accueille. Elle est adorable mais ne parle pas un mot d’anglais ! On communique comme on peut, avec les mains.

Pour fêter l’anniversaire de Léo, nous allons au resto du propriétaire, le bistro Vila Velebita. Le cochon à la broche est excellent et les enfants apprécient leur pizza.


Deuxième jour à Plitvice

Normalement nous aurions dû visiter le parc des lacs de Plitvice aujourd’hui alors que de la pluie était annoncée. Et la pluie est bien arrivée dans la nuit. Il pleut même très fort. Donc ce matin c’est grasse matinée, courses à Korenica et lessive.

La météo semble s’améliorer alors, après un repas pris dans notre chalet, je regarde sur Google Maps où on pourrait bien aller. Je repère une petite route qui mène à des hébergements, parallèle à la route principale qui longe les lacs. Potentiellement, on pourrait y trouver des points de vue sur les lacs. Hier on voyait des gens là-haut, sans comprendre par où ils étaient passés puisqu’on ne voyait pas d’accès dans le parc.

Bingo ! Je suis contente de moi. La route longe le canyon par le haut et de petits sentiers en sous-bois mènent à des belvédères.

En prenant de la hauteur, on distingue bien les différences de niveau entre les lacs et les chutes d’eau qui tombent d’un lac à l’autre.

Veliski slap, la plus haute cascade du parc
Le ruisseau qui donne naissance à Veliski slap

On voit même des chutes d’eau invisibles depuis les passerelles du parc et les vues d’ensemble sont absolument magnifiques !

Malgré le temps couvert cet après-midi, le bleu des lacs est toujours aussi… bleu. On est bien contents de notre découverte !

En rentrant au chalet, une belle surprise nous attend. La mamie nous a fait le plein d’eau dans la carafe (on aurait préféré du vin 😉 et elle a allumé un feu dans la cheminée. On apprécie vivement car il fait 15° dehors. On sort le Monopoly et l’apéro pour une belle soirée au coin du feu.

Le parc national de Krka

Allez, je suis sympa, je vous aide un peu sur la prononciation des noms croates. Krka se prononce plus ou moins keurka. Facile !

Aujourd’hui, j’avais prévu une journée cool avec plage le matin, piscine à l’hôtel et balade en fin de journée à Sibenik. Sauf que la météo n’est pas clémente avec nous et il devrait pleuvoir durant 2 jours alors que nous avons prévu de visiter les deux parcs nationaux les plus réputés de Croatie. Donc on avance le programme d’une journée et, après un petit-déjeuner sur la plage de Drvenik, on part découvrir le parc de Krka.

Pour tout vous dire, on galère un peu sur la route au niveau de Makarska. C’est complètement bouché et on perd 30 minutes dans les bouchons sous une averse. Lorsqu’on arrive à l’entrée du parc de Krka, il est presque 13h. On achète un hot-dog et je demande à la serveuse si la file d’attente en face est pour acheter les tickets pour entrer dans le parc… réponse positive de la serveuse qui ruine mes espoirs d’avoir le temps de visiter les différents sites, distants de plusieurs dizaines de kilomètres. Elle m’indique un guichet réservé aux tours-opérateurs en me disant que je peux tenter ma chance. C’est ce que je fais et ça marche ! La dame au guichet me dit qu’elle est dédiée aux agences de voyage mais qu’elle peut me vendre des billets si je veux. Ben un peu que je veux !!! Vue la queue au guichet grand public, je pense que j’ai récupéré les 30 minutes perdues à Makarska !

Krka est un parc national très étendu le long de la rivière éponyme. La zone la plus réputée et fréquentée est Skradinski buk. Comme il y a beaucoup de monde ce midi pour entrer à Skradinski buk, j’opte pour une stratégie qui consiste à aller d’abord au monastère de Krka, à 40 minutes de route, puis aux chutes de Roski slap, et enfin terminer par le plus spectaculaire à Skradinski buk où est notre hôtel. On espère ainsi éviter la foule.

On part donc avec nos hot-dog, après avoir bien remercié notre serveuse. Je vous met une petite carte du parc pour illustrer notre parcours (lieux entourés en rouge).

Les abords du parc ne sont pas très engageants. Les villages sont tristes, beaucoup de maisons sont abandonnées, certaines portent des impacts de balles, d’autres sont habitées mais brutes de parpaings ou de briques. Seul le village de Skradin est mignon.

Première étape : le monastère de Krka

D’après le guide du Routard, ce monastère orthodoxe serbe du XIVe siècle est l’un des plus beaux de Croatie. Allons vérifier cela…

Je suis bien incapable de vous faire un laïus sur tous les conflits qui se sont déroulés ici mais je sais que la rivière Krka a, de tout temps, été une ligne de démarcation naturelle et une zone de résistance où se sont affrontés romains, byzantins, ottomans et vénitiens, puis orthodoxes, catholiques et musulmans. En témoignent les nombreux vestiges de forteresses médiévales qui subsistent sur les falaises. Le monastère de Krka a fait l’objet de nombreux conflits et a été détruit à plusieurs reprises. Difficile à croire tellement la vie semble s’écouler paisiblement aujourd’hui dans ce lieu de recueillement entouré de vignes.

A notre arrivée, une guide du parc national nous propose une visite guidée comprise avec nos billets. La visite est en anglais et nous ne comprenons pas tout à l’histoire du monastère. Nous visitons d’abord l’église de style byzantin, puis les catacombes romaines situées juste en-dessous. L’église du XIVe ayant été ruinée par les Turcs, les bâtiments actuels datent des XVIII et XIXe siècles.

Quatre moines et deux étudiants occupent le monastère. Les étudiants ont entre 16 et 20 ans. Ils vont ensuite à l’université et, pour devenir prêtre, ils doivent se marier.

Nous repartons en direction de Roski slap en faisant un arrêt pour voir le monastère dans son bel environnement, dominant la rivière Krka.

Deuxième étape : Roski slap

Nous reprenons la route pour une trentaine de minutes afin d’explorer le secteur de Roski slap. On y découvre 12 mini chutes d’eau successives dues à la formation de travertin, enserrées dans une gorge profonde.

Un escalier de 517 marches permet d’atteindre la grotte préhistorique d’Ozidjana Pecina située en haut de la montagne et, accessoirement, d’avoir une vue plongeante sur les chutes dont on mesure mal l’étendue lorsqu’on est au ras de l’eau, du fait de leur petite hauteur. Nous n’allons pas jusqu’à la grotte et, du haut des 455 marches montées, on a déjà une belle vue d’ensemble.

Je dois avouer que, même d’en haut, on ne distingue pas vraiment les 12 chutes noyées dans la végétation. Mais la vue sur la rivière est jolie.

La grande chute de Roski slap n’est pas très fournie à cette époque de l’année et on ne peut l’approcher qu’en bateau. On la voit à peine sur ma photo :

On passe devant les anciens moulins occupés par des restaurants et boutiques de souvenirs.

Bon, Roski slap ne m’a pas enthousiasmée. C’est mignon mais pas transcendant.

Troisième étape : Skradinski buk

C’est l’endroit le plus visité du parc de Krka. On l’a gardé pour la fin en espérant être plus tranquilles et je crois que le pari est gagné, même si nous ne sommes pas seuls. Un chemin de 3 km permet d’accéder au parc mais nous prenons l’option navette.

Les chemins en bois ondulent le long de la rivière et des petits lacs formés par les barrières de travertin, c’est charmant, l’eau coule de tous les côtés. De près ou de loin, les cascades s’entendent et se découvrent à travers la végétation.

Là on peut clairement voir ce qu’est une barrière de travertin. L’eau de pluie chemine dans la roche calcaire, entraînant avec elle des sédiments qui se déposent sur les algues et la mousse. Au bout d’un certain temps, cela forme une barrière qui donne naissance à un lac et à une chute d’eau tout du long.

Un Martin pêcheur pas craintif

Le clou de la visite sont ces spectaculaires chutes d’eau :

Depuis le 1er janvier 2021, il est interdit de se baigner au pied des cascades et c’est tant mieux ! Tant mieux pour l’environnement surtout et aussi pour les photos qui ne sont plus gâchées par tous les touristes en maillot !

Avant

Fatigués de notre journée, nous apprécions de loger à l’hôtel situé juste à l’entrée du parc. Une bonne nuit nous fera du bien car, entre le vent qui nous a empêchés de dormir à Dubrovnik et l’orage la nuit dernière, on a grand besoin de dormir !