Santana

Nous avions prévu aujourd’hui une randonnée dans le nord de l’île, vers le Pico Ruivo qui est le point culminant de Madère avec une altitude de 1862 mètres. Mais à quelques kilomètres de l’arrivée, un panneau « route barrée » nous a stoppés. Vue la largeur des routes, nous n’avons pas osé tenter d’avancer, ne sachant pas si nous pourrions faire demi-tour.

Nous nous sommes rabattus sur une petite randonnée de 4,5 km, facile, dans la forêt primaire composée notamment de lauriers géants (laurisylve) classée au patrimoine mondial naturel par l’Unesco. Nous sommes partis de Pico das pedras en direction du parc forestier de Queimadas.

Au parc de Queimadas, on trouve une auberge au toit de chaume et quelques sentiers forestiers. C’est surtout le point de départ de la randonnée vers le Caldeirao verde que nous ferons demain.

Pour nous remettre de notre déception, nous déjeunons au Cabo Aereo Café. L’accueil chaleureux et le repas cuit au feu de bois nous réconcilient avec cette journée mal débutée. Les brochettes de bœuf cuites sur des tiges de lauriers sont la spécialité du coin. Ce resto est simple mais excellent et offre une vue sublime. Et la poncha maison aux fruits de la passion offerte par le patron est super bonne !

Un peu plus loin en allant vers l’ouest, un autre mirador permet de voir la côte et les falaises qui tombent dans l’océan. Sous le soleil, c’est magnifique mais j’imagine que sous la pluie ça doit être très austère. Pour agrémenter ces sublimes paysages, des fleurs poussent partout au bord des routes et des chemins : agapanthes, hortensias, lauriers roses, bougainvilliers… Ce n’est pas pour rien que Madère est appelée le jardin de l’Atlantique.

C’est à Santana que l’on peut voir les fameuses maisons traditionnelles de Madère, en V inversé avec leur toit de paille. Malheureusement elles se font rares. On en voit encore par ci par là dans le village en cherchant un peu. Certaines sont recouvertes de tôle, bien plus facile à entretenir qu’un toit végétal, d’autres carrément à l’abandon. Quant à celles qui sont dans le haut du bourg, elles sont presque trop bien rénovées ! Et surtout elles sont envahies de touristes adeptes de selfies et de poses très étudiées, déposés là par les bus.

Au parc de Queimadas, on trouve même des poulaillers calqués sur ces jolies maisons !

Pour éviter de reprendre la route côtière et ses nombreux tunnels (moi qui suis claustrophobe, je dois prendre sur moi !), on rentre à Funchal en coupant par la montagne. A Ribeiro Frio, on trouve une place sur le mini parking en bord de route et faisons la jolie balade de la levada dos balcoes. 2,5 km aller-retour pour atteindre un belvédère qui, par temps clair, permet de voir le Pico Arieiro, les montagnes environnantes et la côte nord… mais les nuages ont squatté les sommets, avalant le Pico Arieiro. Le panorama est malgré tout splendide avec ces vallées encaissées et recouvertes de forêts de lauriers. Toute cette zone fait partie du Réseau Natura 2000.

Du côté de la côte, le ciel est plus dégagé. Le belvédère permet de voir jusqu’à Faial et d’observer plein de mignons petits oiseaux.

Demain on continue sur notre lancée, on fait la randonnée classée dans le Top 5 des randos à Madère : le Caldeirao verde. Il faut éliminer tout ce qu’on a accumulé pendant les confinements !!!

Pointe Sao Lourenço

Première journée à Madère et première randonnée.

Nous étant levés à 4h45 hier, nous ne partons pas trop tôt ce matin. Le départ de la maison est assez épique, les rues de Funchal nous impressionnent tant elles sont étroites et pentues. On a vite compris qu’à Madère, le meilleur moyen pour relier un point A à un point B est la ligne droite et ce, quel que soit le dénivelé ! Certaines rues affichent une pente de 32% ! En revanche, les routes expresses sont très confortables et les nombreux tunnels coupant à travers les montagnes permettent de rouler à bonne vitesse. A 11h30, nous sommes au parking et partons vers la ponta Sao Lourenço ou pointe Saint Laurent en français (nº 12 sur la carte).

La ponta Sao Lourenço

L’île de Madère est recouverte d’une végétation luxuriante, à une exception près : la ponta de Sao Lourenço. Ce cap, situé à l’extrémité est de Madère, est très exposé aux vents et la végétation y est rase et sèche. Quel contraste avec le reste de l’île (pour le peu qu’on en a vu pour l’instant) ! Toute la pointe, y compris la zone maritime, est classée Natura 2000. Elle abrite des plantes rares et des oiseaux endémiques.

La randonnée mène jusqu’au point culminant de la ponta Sao Lourenço, le mont Furado, que l’on voit sur les photos. Au-delà de ce promontoire, les îlots ne sont pas accessibles à pied.

Les roches volcaniques, en grande partie basaltiques, et la végétation forment une véritable palette de couleurs allant du noir au jaune en passant par le vert et le rouge… et l’océan apporte la touche de bleu.

Passage étroit avec l’océan 100 mètres plus bas de chaque côté.
Ça grimpe !

Une dernière volée de marches pour arriver au sommet…

Dans la montée, on voit la casa do Sardinha entourée de sa palmeraie et on profite d’une vue plongeante sur la baie d’Abra. On peut même apercevoir le parking tout au fond.

Depuis le sommet du mont Furado (160 mètres), après une montée exténuante sur un chemin en mauvais état, on découvre les derniers îlots qui forment l’extrémité de la pointe et, au loin, les îles Desertas.

Une pause boisson fraîche est la bienvenue à la casa do sardinha, au pied du mont Furado. Il fait 26° mais le ressenti est bien supérieur et j’ai l’impression d’avoir la tête en ébullition ! On fait une petite boucle au niveau du bar, puis le retour à la voiture par le même chemin qu’à l’aller tout en découvrant les paysages sous autre angle. Des nuages sont arrivés de la montagne le temps qu’on boive un coup, on apprécie d’avoir un peu moins chaud !

On a fait les 8 km aller-retour en 4 heures (pauses comprises), avec 380 mètres de dénivelé cumulé. Pas mal pour une mise en jambe !