Newberry National volcanic Monument

Le titre annonce le programme de la journée. Nous allons visiter quelques sites, à l’est de la chaîne des Cascades, formés par l’activité volcanique. Direction la caldeira du volcan Newberry qui, au fil du temps s’est remplie d’eau qui a donné naissance à deux lacs. Nous nous arrêtons au lac Paulina dont la profondeur atteint près de 76 mètres. Et pour explorer les rives du lac, nous louons deux kayaks.

L’exercice nous a donné faim ! On s’installe sur la terrasse du Paulina Lake Lodge pour manger des hamburgers de wapiti.

Sur le côté du volcan, on fait la boucle de Big obsidian lava flow, une coulée de lave qui présente une concentration importante d’obsidienne. C’est une roche volcanique vitreuse et lisse, très noire, riche en silice. On dirait vraiment du verre.

Quelques arbres tenaces et persévérants arrivent à survivre dans ce chaos minéral.

L’étape suivante est pour descendre au pied des Paulina falls, deux chutes jumelles hautes de 24 mètres. on les contemple d’abord d’en haut avant de prendre un court chemin pour se rendre à la base. La balade ne suffira pas à éliminer les burgers de ce midi…

On tente d’aller au tunnel de lave mais ça ferme à 14h30 et il faut avoir réservé. Comme je n’avais rien préparé pour aujourd’hui, je n’ai pas réservé ! Et de toute façon il est 16h donc c’est peine perdue. On va donc faire un tour du côté de lava butte, un petit volcan avec un champ de lave à sa base.

Là aussi on constate que la végétation s’accroche pour vivre.

Au loin, on aperçoit les sommets de la chaîne des Cascades. À droite de l’arbre, le Mont Bachelor.

Demain on prévoit de se lever tôt pour découvrir l’un des joyaux de l’Oregon : Crater Lake National Park.

Smith Rock State Park

On est un peu au ralenti ce matin. On peine à se lever, la clim a fait du bruit toute la nuit mais impossible de dormir sans. On passe à la station essence et on nous dit qu’il faut attendre car les cuves sont vides. Déjà qu’on n’est pas en avance sur le planning… On change de station. Pour terminer, on se trompe de route, il faut faire demi tour. Avec tout ça il est 10h passées quand on arrive enfin à Smith Rock State Park.

Misery ridge, une randonnée difficile à Smith Rock state park

Rien que du parking, c’est super beau !!! La Crooked river serpente calmement au pied des roches volcaniques qui vont de l’ocre au rouge.

On s’était dit qu’on commencerait la randonnée assez tôt pour éviter la chaleur… c’est raté !

La randonnée en question c’est Misery Ridge. Rien que le nom annonce la couleur, on va en baver ! 6 km, 280 mètres de dénivelé, 39° dans l’air, 55° au sol. Pas si terrible sur le papier mais la montée en plein soleil le long des falaises basaltiques promet d’être un véritable moment de bonheur ! On devine les lacets qui montent entre le milieu et la droite de la photo, après le pont :

Le site est réputé pour l’escalade. De nombreuses parois sont équipées pour la grimpe et, en cas de pépin, pas de souci tout est prévu ! Des béquilles et des brancards sont disponibles un peu partout !

Comme prévu, la montée en plein cagnard est un cauchemar ! On a le cœur qui bat à 1000 pulsations/minute, on est écarlates, c’est dur ! On aurait peut-être dû faire la boucle dans l’autre sens pour être un peu plus à l’ombre pour monter. Trop tard… il fallait réfléchir avant ! Deux rapaces tournoient au-dessus de nos têtes comme s’ils attendaient notre fin.

Heureusement, le paysage est tellement magnifique qu’on fait souvent des pauses pour prendre des photos. Mais l’ombre manque cruellement et il n’y a pas un souffle de vent.

C’est péniblement qu’on atteint le sommet au bout de 3/4 d’heure. Deux arbres providentiels nous offrent une ombre bienvenue pour récupérer.

On peut voir le chemin parcouru depuis le départ au bord de la rivière

La boucle passe au pied d’un rocher tout en hauteur nommé Monkey face. Le haut ressemble en effet à un visage de singe tourné vers la falaise.

C’est un site d’escalade bien connu, parmi les plus difficiles du monde, et il y a d’ailleurs deux gars en train de monter. L’un est déjà en haut et on voit le deuxième dans la partie claire de la roche.

La civilisation n’est pas loin de ce côté là du parc. Il y a de très belles et grandes maisons.

On descend pour retrouver le bord de la Crooked River et ensuite le chemin est plat jusqu’au pont. Mais quelle chaleur !!! Même les oies dans la rivière sont immobiles, les pattes dans l’eau et la tête dans les plumes.

Juste à côté du pont, une pelouse bien verte est arrosée en permanence. Avant de partir en rando, on se disait que c’était une drôle d’idée et on n’en voyait pas l’intérêt. Maintenant on comprend l’utilité : se rafraîchir sous le jet à l’arrivée de tous les circuits de randonnée ! L’effet brumisateur ne suffit pas aux garçons qui se vident des bouteilles d’eau sur la tête.

En début d’après-midi, on prend la direction de Bend. Après un crochet par Tumalo falls, nous prenons possession de notre petite maison en ville pour les 3 prochaines nuits.

On fait le tour du vieux centre ville qui est plutôt agréable. On fait les boutiques (Laurent s’est trouvé une passion pour le Big Foot ! Il a le kit complet : magnet, sous-bock, casquette, t-shirt !). Et on termine la soirée dans une brasserie, Bend brewing company.

John Day Fossil Beds & Painted hills

La fumée s’est un peu dissipée, le ciel est presque bleu, le soleil brille. On prend le petit-déjeuner sur la terrasse de notre cabane.

Nous retournons terminer notre exploration de John Day fossil beds National Monument. Par contre, ce matin les sites sont à contrejour ; pas génial pour les photos.

Nous sommes toujours dans le secteur de Sheep Rock du parc. Ce parc, ou plutôt Monument national, est divisé en trois parties assez distantes les unes des autres :

  • Clarno unit au nord, où nous aurions dû passer hier mais nous avons modifié notre itinéraire à cause du gros feu de forêt qui a atteint la route il y a 2 jours.
  • Sheep Rock unit, que nous avons commencé à visiter hier.
  • Painted hills, que nous avons découvert cet après-midi.

Pour découvrir les formations rocheuses de Blue basin (secteur Sheep Rock) il y a le choix entre un chemin de 5 km et un autre de 2 km. On se regarde… On va la jouer petits bras aujourd’hui ! Par cette chaleur et avec l’air pollué par les fumées, il faut s’économiser !

Notre voiture est, encore une fois, seule sur le parking.

Nous partons donc sur le chemin de 2 km. Comme hier, on trouve des roches argileuses friables dans les tons bleu-vert qui, modelées par la pluie et le vent, forment de jolies colonnes toutes striées.

Hier après-midi, nous n’avons pas fait toutes les balades au départ de Cant ranch. Nous nous arrêtons de nouveau pour aller jusqu’au point de vue sur la rivière et Sheep rock (on n’a pas compris pourquoi il s’appelle Sheep rock, on ne trouve pas qu’il ressemble à un mouton ce rocher, et nous n’avons pas vu un seul mouton dans le coin !).

Pour déjeuner, nous nous arrêtons à Mitchell. Un village encore plus petit que Dayville et encore plus dans son jus. Le problème c’est que l’incendie a détruit les lignes électriques (ils sont en train de remplacer les poteaux en bois) et, comme il n’y a plus d’électricité, la brasserie est fermée. Quelle déception ! Heureusement, il nous reste de quoi pique-niquer.

Painted Hills

Quelques kilomètres plus loin, nous arrivons à Painted hills. Ils fait 41° maintenant ! On décide de faire tous les points de vue et petites marches, en revanche on laisse tomber Caroll Rim trail qui ne fait pourtant que 2,5 km. Ça monte en plein soleil et dans cet environnement très minéral, le ressenti est bien plus chaud que 41°.

Les variations de couleurs dues à la décomposition de végétaux (le noir) et aux minéraux contenus dans les roches (le rouge et le orange) sont magnifiques. Dommage qu’il persiste un voile de fumée qui brouille les vues plus lointaines.

On commence par overlook trail

Puis le magnifique painted cove trail avec ses buttes d’un rouge éclatant

Et red scar hill. Du rouge, toujours du rouge

Les arbres ne résistent pas aux rudes conditions climatiques de Painted hills

L’ensemble du John Day fossil beds National Monument abrite de nombreux fossiles. Avant d’être quasi désertique, cet endroit était recouvert d’une forêt, en attestent les fossiles de feuilles retrouvés sur place.

Mais aujourd’hui il n’y a plus de forêt et donc plus d’ombre. Après chaque balade, on se réfugie dans la voiture climatisée… ou sous le peu d’arbres qu’il reste !

On est trempés de sueur. La piscine de l’hôtel nous appelle ! Nous fuyons finalement la chaleur pour aller se rafraîchir. Et ça fait un bien fou !

Mount Hood

Au réveil, on dirait que les nuages sont moins bas et moins denses qu’hier. Le temps de se préparer, on aperçoit même du ciel bleu. En revanche, le Mont Hood ne se dévoile toujours pas, les nuages y restent accrochés comme des moules sur leur rocher !

Le vieux Timberline lodge a quelque chose de mystérieux dans cette ambiance brumeuse.

On est quand même loin de l’atmosphère horriblement angoissante du film The Shining, dont les scènes extérieures ont été tournées devant la façade. Il y avait juste un peu plus de neige lors du tournage. Mais de la neige, il doit y en avoir en altitude car les remontées mécaniques sont en service et on croise des gens en combi de ski avec leur snowboard sous le bras. On croise aussi des randonneurs qui font le Pacific Crest Trail. On les reconnaît à l’odeur (!) et aux duvets humides qu’ils étendent sur les racks prévus à cet effet dans la salle commune du lodge.

On descend ensuite vers Mount Hood Meadows pour faire une randonnée en boucle permettant de voir deux cascades. On arrive vite à la première, Umbrella falls.

Mount Hood meadows

Le chemin serpente dans la forêt de pins, ça sent super bon. Certains arbres ont leur tronc recouvert de mousse.

On traverse des prairies remplies de fleurs sauvages et on se rend compte qu’on marche sur les pistes de ski !

En remontant vers Sahale falls, il y a plein de myrtilles. Un panneau indique que les tribus indiennes viennent ici pour les récolter et qu’il est interdit de les cueillir, à moins d’être indien.

Pour atteindre Sahale falls, c’est une autre histoire ! On ne peut pas vraiment appeler ça un chemin. On descend comme on peut en s’accrochant aux arbres et en prenant appui sur les rochers. Parfois sur les pieds, parfois sur les fesses. Ça glisse, c’est pas pratique mais on y parvient.

L’endroit rêvé pour un pique-nique !

L’application AllTraills conseillait de marcher dans le sens anti horaire mais, en faisant la randonnée dans le sens horaire, on s’est épargné une remontée fastidieuse vers le parking. Et en arrivant à la fin, le Mont Hood se dévoile enfin partiellement.

De retour à l’appartement, c’est repos pour les garçons et piscine-jacuzzi pour Laurent et moi.

On termine par un petit bœuf wagyu au barbecue, accompagné d’un vin rouge local.

Mount Rainier National Park – Paradise

Aujourd’hui on découvre la face sud du Mont Rainier, dans le secteur de Paradise. J’ai réussi à avoir le premier créneau de 9-11 h pour entrer dans le parc national. On fait d’abord un arrêt aux Reflection lakes dans lesquels, comme leur nom l’indique, se reflète le Mont Rainier. Le vent est en train de se lever et le reflet se brouille petit à petit, il faut faire vite pour la photo.

Skyline trail, un panorama hors norme sur le Mont Rainier

La météo est encore parfaite aujourd’hui. On a de la chance.

Le parking principal de Paradise est déjà bien rempli mais on arrive à se caser entre deux voitures. On démarre la randonnée de Skyline trail vers 10h. Le chemin monte sec (539 mètres de dénivelé) et se rapproche de la base du sommet et des glaciers. On entend d’ailleurs la glace craquer et chuter à deux reprises. Le Mont Rainier abrite la plus grande superficie de glaciers des États-Unis (hors Alaska) et leur épaisseur atteint jusqu’à 228 mètres. C’est un peu le Mont Blanc américain.

Des marmottes font le show dans les rochers.

Il reste des plaques de neige par endroits. Il a neigé jusqu’en juin. Parfois on marche dessus, parfois cela oblige à contourner le chemin et avec la fonte, on a même des arches de neige. L’été ici ne dure vraiment que 2 mois, dès le mois de septembre la neige sera probablement de retour.

La flore et la faune, en l’occurrence les marmottes et les écureuils, agrémentent la randonnée.

On aperçoit le visitor center et le parking mais ils ne sont pas encore à notre portée. Il reste du chemin à parcourir, d’autant plus qu’on a opté pour la version longue (9 km au total) alors qu’un raccourci nous faisait de l’œil !

À la fin de la rando, une dernière descente nous mène aux Myrtle falls. Une belle chute d’eau mais l’observatoire n’est pas grand et il y a trop de monde ! C’est d’ailleurs le constat global sur cette randonnée : les paysages sont magnifiques mais il y a trop de monde. Heureusement qu’ils ont mis des quotas journaliers avec les réservations !

Sur le chemin du retour vers Packwood, on fait un premier arrêt à Narada falls, puis Christine falls (pensée à ma copine de toujours) et enfin à Longmire où ont été bâtis les premiers bâtiments du parc national à sa création en 1899.

Lorsqu’on sort du parc, on croise une file interminable de voitures à partir du guichet des rangers. Les gens qui n’ont pas réussi à réserver un créneau pour entrer ont la possibilité de pénétrer dans le parc national sans réservation, mais seulement avant 7h ou après 15h. Il est 15h50 et il doit bien y avoir 2 km de bouchons ! Je n’ose pas imaginer la foule qu’il y aurait eu sur la randonnée si tous ces gens-là avaient pu entrer sans restriction.

On s’arrête au Packwood lodge car il y a un rassemblement de vieilles voitures américaines qui intéresse les garçons, puis on boit une bière locale à la brasserie de Packwood. On adore l’ambiance !

La soirée se termine comme hier, un petit tour dans le jacuzzi et une partie de poker. Axel est le premier à perdre donc c’est lui qui prépare le repas (des pâtes à la sauce tomate, ça va, c’est à sa portée !).