Cette nuit, je me suis réveillée d’un coup vers 23h45 (oui on dormait déjà ! Entre décalage horaire et fatigue des randos, on se couche tôt). J’ai regardé par la fenêtre car les prévisions étaient plutôt bonnes pour voir des aurores boréales. L’appli My Aurora forecast annonçait 38% de chances d’en voir. Un voile dansant dans le ciel m’a intriguée. Une aurore ? Un nuage ?
J’ai réveillé les garçons mais le voile a vite disparu. Pendant 5 minutes, plus rien. Léo s’est rendormi. J’ai décidé d’aller dehors pour mieux voir et, au bout de quelques minutes le ciel s’est animé. Il y avait des aurores boréales partout autour de l’hôtel. Magique.
Je n’avais pris que mon téléphone. Sans stabilisateur c’est compliqué de faire des photos nettes de nuit. Mais c’est pas grave, on est super contents car on avait l’espoir de voir des aurores boréales sans trop y croire. La meilleure période est l’hiver, quand le ciel est bien sombre ; fin avril, le ciel reste clair toute la nuit, il ne fait jamais nuit noire. Cela vient mettre la cerise sur le gâteau d’un voyage en tout point parfait et mémorable.
Maintenant que vous êtes familiarisé avec les noms islandais, vous savez ce qui est prévu au programme du jour !
Nous nous sommes levés assez tôt tous les matins donc aujourd’hui on prend notre temps et on profite du petit-déjeuner proposé par l’hôtel. On fait l’impasse sur l’huile de foie de morue mais les pancakes et un bol de Skyr devraient nous donner suffisamment de forces pour la rando dans le canyon de Múlagljúfur : 6,5 km et 450 mètres de dénivelé positif. Ça va grimper !!!
Ce canyon n’a été découvert que récemment et la rando n’est pas encore trop connue. D’ailleurs aucun panneau ne l’indique sur la route. Lorsqu’on arrive sur le parking, une seule voiture est stationnée. C’est parfait ! Dès le départ, le panorama sur le glacier Vatnajökull nous en met plein la vue. C’est magnifique.
On monte, on monte, on monte, on redescend pour traverser un ruisseau, puis on monte encore et toujours. C’est beau mais épuisant !
Arrivés en haut d’une crête, deux cascades se dévoilent, l’une à gauche et l’autre à droite. La cascade de Hangandifoss se révèle d’un coup et on découvre le petit bassin bleu à son pied. Elle est l’une des plus hautes chutes d’Islande.
On continue de monter vers le sommet. À partir des cascades, le chemin n’est plus balisé et parfois il faut chercher le meilleur itinéraire pour éviter les pièges. Il y a des plaques de neige et le sol est tellement spongieux par endroits qu’on a vite fait de se retrouver avec de la boue jusqu’aux chevilles.
Le sommet :
C’est pas le pied cette vue sur la canyon et le glacier en bas ?
Descendre ce chemin n’est pas plus facile que de le monter. Les garçons choisissent le chemin le plus court et le plus rapide en se laissant glisser dans la neige.
Moi je n’ai pas choisi la bonne voie, je me suis retrouvée entourée de boue et… j’ai glissé chef !
On a mis 2h45 à faire la randonnée, on a pris des coups de soleil et on a adoré. Sur le retour, on a croisé un peu plus de monde mais rien de comparable avec les sites plus connus. Pour le pique-nique, on part vers le glacier et la lagune de Fjallsárlón. On n’est pas bien là ?
L’étape suivante est l’une des plus touristiques d’Islande : la lagune glaciaire de Jokulsárlón avec ses icebergs qui se déversent dans la mer. Encore une fois, c’est splendide ! Jusqu’à présent, ce ne sont pas forcément les lieux les plus connus qui nous ont le plus plu, mais là il faut avouer que le site est à la hauteur de sa réputation.
La lagune étant reliée à la mer, les blocs de glace qui se détachent du front du glacier Vatnajökull dérivent sur le lac et sont chariés jusqu’à la mer. Les vagues les ramènent sur la plage de sable noir qui est surnommée « Diamond beach » en référence aux blocs de glace translucides qui jonchent le sable.
On a même trouvé Roméo, le chien de Vanessa et Raphaël en glaçon ?
Un dernier petit glacier pour la route : Svinafellsjökull.
Juste à côté de notre hôtel, il y a la dernière église en tourbe construite en Islande : Hofkirja. Elle date de 1884. Elle est toujours l’église paroissiale du secteur (il n’y a pas beaucoup d’habitants dans le coin !).
On est encore claqués de notre journée. Entre le soleil, l’air frais, les randonnées, on est tous fatigués mais qu’est-ce que ça fait du bien !
Avant de partir, on voulait tester le digestif local : le Brennivin. C’est une eau de vie de patate… et c’est dégueu !
La journée commence bien. Je me réveille tôt, avant 6h, et je vois l’église de Vik éclairée par les premiers rayons du soleil. A 7h, je laisse les garçons dormir et je pars faire un tour à la plage après avoir remis la machine à laver en route. Elle est censée sécher le linge mais hier soir ça n’a pas fonctionné, nos affaires sont trempées.
Je dois être quand même mal réveillée car, en marchant, je trouve que mes chaussures ne me tiennent pas bien aux pieds… je m’aperçois que j’ai mis les chaussures de Léo ! C’est la même marque mais il fait du 42 et moi du 36 !
Après mon petit tour matinal, je passe à la station service acheter des muffins pour le petit-déjeuner. C’est la seule boutique d’ouverte avant 9h. En Islande les magasins ouvrent tard. A l’ouverture du supermarché, on va faire quelques courses avec Léo (il a récupéré ses chaussures !) et, en rentrant, on trouve Laurent et Axel en train d’essorer le linge à la main dans la salle de bains ! Décidément, nous n’avons pas réussi à comprendre le fonctionnement de ce lave-linge/sèche-linge.
Avec tout ça, on part de Vik à presque 10h pour le canyon de Fjaðrárgljúfur situé non loin du village de Kirkjubaejarklaustur. Ça va, vous vous faites aux noms islandais ?
Ce canyon n’est pas long mais il est très beau. Formé par la rivière Fjaðrá et la fonte des glaces, il s’étend sur 1,3 km de long. Ça doit être encore plus joli en été quand l’herbe est verte. A la sortie de l’hiver, toute la végétation est jaunie. La randonnée aller-retour fait environ 3 km.
Sur notre trajet, une cascade qui dévale la falaise derrière un hameau attire notre œil. Des chevaux profitent eux aussi des lieux. Les chevaux islandais sont trop mignons, ils ressemblent à des double poneys et certains ont encore leur poil d’hiver.
On s’arrête pique-niquer sur la route, au beau milieu d’une vaste plaine de sable noir avec une vue 4 étoiles sur le méga glacier Vatnajökull avant de le découvrir de plus près.
C’est le moment de la minute culturelle : le Vatnajökull est une calotte de glace composée de calottes glaciaires et de divers glaciers. Le Vatnajökull est un glacier à base chaude, c’est-à-dire que la glace du glacier se trouve au point de congélation de la surface jusqu’au fond. Actuellement, la superficie du glacier est d’environ 7 700 km2 (soit un peu moins de 8% de la superficie de l’Islande) et la glace peut atteindre 1000 mètres de profondeur. Il s’agit de l’un des plus grands glaciers d’Europe, bien qu’il ait perdu 15% de sa superficie au cours du siècle dernier. Le glacier recouvre sept volcans principaux, ainsi que des vallées et des gorges profondes. L’activité volcanique et la chaleur géothermique sont à l’origine de la formation de lagunes au fond du glacier et à certains endroits en bordure.
Plus parlant qu’un discours, la fonte des glaciers en images :
En 2018 il en reste un tout petit bout visible à gauche. En 2019 il a tellement reculé qu’on ne le voit plus.
On a prévu de faire une randonnée en boucle passant d’abord par Hundafoss, puis la célèbre Svartifoss dans son écrin d’orgues basaltiques, pour atteindre ensuite Sjónarnipa, un point de vue surplombant la langue glaciaire et la lagune de Skaftafellsjökull. Une rando de 7,5 km et près de 300 mètres de dénivelé positif. Une promenade quoi !
L’arrivée en haut d’une butte où le glacier se dévoile d’un seul coup est époustouflante. On voit toute cette étendue de glace, les crevasses, les plissements, les trace de cendres… et on se sent tout petit.
De retour à la voiture, après 2h30 de randonnée, on est tous les quatre crevés. On file se poser à l’hôtel Adventure Hof, à seulement 10 minutes du glacier. Activité de la soirée : étendre notre linge sur les radiateurs et bords de fenêtres !
On dîne au resto de l’hôtel et à l’heure où j’écris ces dernières lignes (21h24), les garçons viennent de se coucher et je ne vais pas tarder à faire comme eux !
Le programme du jour est encore assez chargé ! Le sud de l’Islande regorge de cascades, glaciers, falaises, plages… de nombreuses raisons de s’arrêter souvent pour explorer toutes ces merveilles. Après une petite heure de route, on arrive à Seljalandsfoss.
Petit tuto linguistique : quand un nom se termine par foss c’est une chute d’eau. Quand il se termine par jökull c’est un glacier. S’il se finit par sárlón c’est un lac ou une lagune et par gljufur c’est un canyon.
Seljalandsfoss se voit de loin quand on arrive par la route 1 depuis l’ouest. Située sur le flanc du volcan Eyjafjöll – dont la violente éruption avait paralysé le trafic aérien en 2010 – elle est alimentée par la fonte des glaces de l’Eyjafjallajökull. Elle chute de 65 mètres de haut, au-dessus d’une falaise creusée qui permet de passer derrière la chute. Douche fraîche assurée !
Le long de la falaise, plusieurs cascades se succèdent desservies par un chemin. A 500 mètres de Seljalandsfoss, il ne faut surtout pas manquer Gljúfrabúi. Cette chute qui ne se termine pas par foss est cachée dans une grotte. Son nom signifie justement « occupant de la grotte ».
A quelques kilomètres se trouve la carcasse d’un DC 3 qui s’est crashé dans l’est du pays et a été déplacé ici.
Sur la route 1, une ancienne bergerie mérite un petit arrêt.
On poursuit sur la route 1, toujours vers l’est, avec comme prochain objectif une autre cascade. Ou plutôt plusieurs cascades. D’abord Skogafoss qui étale son beau rideau d’eau sur 25 mètres de large et une soixantaine de mètres de haut. Avec le soleil, des arcs en ciel se forment devant.
Un escalier permet d’aller au sommet de la cascade et de remonter le cours de la rivière où se succèdent d’autres petites chutes. C’est l’endroit que l’on choisit pour notre pause pique-nique, avec le bruissement de l’eau pour nous accompagner.
Juste à côté de Skogafoss se trouve une autre cascade : Kvernufoss. Elle semble un peu oubliée des touristes et pourtant elle mérite d’être connue ! La courte marche pour s’y rendre est très agréable, longeant la rivière encadrée de hautes falaises jusqu’à la chute d’eau.
Pendant que Léo filme, Laurent et Axel font une petite sieste dans la mousse. On passe ensuite vite fait devant l’écomusée de Skógar sans le visiter. Il retrace la vie d’autrefois en Islande.
Bon, on a vu assez d’eau liquide pour aujourd’hui, on change de décor. On va enfin voir de près ce qui donne son nom au pays : Iceland, la terre de glace. Le glacier Solheimajökull est tellement magnifique et envoûtant que je ne résiste pas à abuser du nombre de photos à partager !
Le Solheimajökull est une langue glaciaire de l’immense Mýrdalsjökull qui recouvre plusieurs volcans. A son pied, un lac réceptionne les icebergs qui se détachent du front du glacier qui fond inexorablement. Inutile de vous donner ses dimensions… elles ne font que rétrécir d’année en année. Les traces noires dans la glaces sont de la cendre provenant des éruptions passées.
Après le glacier, direction la mer. Le Cap de Dyrholaey culmine à 120 mètres. Ses falaises percées d’arches avec les plages de sable noir de chaque côté sont très photogéniques. Par contre il faut bien tenir les portières de la voiture car le vent souffle fort !
Allons voir la plage de Reynisfjara de plus près
Une bonne pizza à pâte noire chez Black Crust Pizzeria pour reprendre des forces après toutes ces randonnées, et au lit ! Tous les soirs on lutte pour ne pas se coucher avant 22h ! Le grand air frais et vivifiant ça fatigue !
Il va falloir vous habituer aux noms imprononçables ?
Un long road trip nous attend aujourd’hui pour découvrir la péninsule de Snaefellsnes. Les guides disent que c’est un concentré de tous les paysages d’Islande : plages de sable noir, volcan, glacier, falaises de lave…
Pour commencer, voici un petit point météo. Depuis que nous sommes arrivés, brille un grand soleil ! Certes il ne fait pas très chaud mais les températures sont positives et on a vraiment de la chance de faire nos premières découvertes dans ces conditions idéales.
Nous roulons donc vers le nord pour rejoindre Snaefellsnes en commençant par la côte nord. On n’est pas encore arrivés au premier site de ma liste (Kirkjufellsfoss) que nous avons déjà 1 heure de retard sur le planning de la journée ! On multiplie les arrêts photo et drone tellement tous les paysages que nous traversons sont incroyables.
On arrive enfin à Kirkjufellsfoss. On décide de se garer juste à la sortie du village pour éviter le parking payant et c’est une bonne idée. Un chemin aménagé permet de rejoindre le site en passant devant des chutes d’eau et un petit lac qui réfléchit le cône parfait de Kirkjufell.
Les enfants s’amusent avec ce qu’il reste de neige au bord du chemin ! Bataille de boules de neige !
Et voici enfin Kirkjufellsfoss, les chutes d’eau avec la montagne en arrière plan.
On mange vite fait un hot-dog acheté dans une station à Olafsvik puis on file vers notre prochain arrêt : la plage de Skardsvik.
Quelques kilomètres de piste défoncée permettent de rejoindre 2 phares à l’extrémité de la péninsule. Comme notre temps est compté, on choisit d’aller voir uniquement celui de gauche, le plus grand.
Depuis Ólafsvík, on tourne autour d’un sommet enneigé. Il s’agit du Snaefellsjökull, un stratovolcan surmonté d’une calotte glaciaire. On a de la chance car il est complètement dégagé alors qu’il est souvent coiffé de nuages.
On reprend la même piste pour revenir sur la route principale qui nous mène jusqu’à Saxhóll crater. C’est parti pour une grimpette jusqu’au sommet du volcan.
L’arrêt suivant est pour la plage de sable noir de Djúpalónssandur. Le chemin d’accès garde des traces de la neige tombée récemment. C’est un peu glissant mais c’est marrant !
Des débris rouillés d’un chalutier échoué en 1948 jonchent la plage et offrent des premiers plans originaux pour photographier la plage et le Snæfellsjökull.
Les nuages commencent à envelopper le volcan.
Un saut de puce nous mène à Arnarstapi, une bourgade perchée en haut de falaises de lave habitées par des milliers d’oiseaux. Ça pue ! Mais c’est beau ! Et on a toujours une belle vue sur le sommet du Snaefellsjökull qui s’est de nouveau dégagé.
On arrive à la fin de notre découverte de la péninsule. On fait un petit crochet vers l’église de Budir, puis vers Ytri Tunga où vit une colonie de phoques. Ils sont tous dans l’eau en train de prendre du bon temps. Ils sont marrants à se laisser flotter avec le nez en l’air.
Voilà, on a fait 300 km dans la journée et on en a pris plein la vue ! Dire que j’avais hésité à aller jusqu’à la péninsule de Snaefellsnes… ça aurait été bien dommage de passer à côté.
On fait nos premières courses au magasin Bonus à Borgarnes. C’est compliqué, rien ne nous fait envie ! On se contente de pâtes et de cordons bleus (pas très bons !).