D’Etosha à Otjiwarongo

Comme nous ne pouvons pas retourner dans le parc d’Etosha (snif !), nous profitons de notre lodge qui est vraiment très bien. On est loin de la rusticité d’Ameib Ranch !

Des antilopes se baladent sur les pelouses et des mangoustes rayées creusent un terrier dans le sable en face de notre chambre. On voit même un dik-dik de Damara mais cette petite antilope (la plus petite du monde) est très craintive et s’enfuit avant qu’on ait le temps d’attraper un appareil photo.

Comme on a du temps avant de rejoindre Otjiwarongo, nous décidons de faire un détour pour voir la plus grande météorite du monde : la météorite d’Hoba. Côté mensurations, elle mesure 3 mètres de large sur 1 mètre de haut, elle pèse 60 tonnes et est composée à plus de 80% de fer et 16% de nickel. Elle est tombée en Namibie il y a 80 000 ans et date d’environ quatre milliards d’années.

On a mis Axel devant pour l’échelle. Vous constaterez au passage qu’il a toujours autant de mal à assortir les couleurs de ses vêtements 😉 :

C’est assez bizarre car un camping a été aménagé tout autour de la météorite. On voit des barbecues un peu partout. Nous profitons de la pelouse aménagée de tables et chaises pour pique-niquer.

Sur la route, nous rencontrons plusieurs barrages de police. Nous sommes dimanche et il y a beaucoup de circulation mais les files d’attente ne sont pas trop longues. L’un des policiers semble étonné et demande à Laurent son âge sur la photo de son permis. Il est mort de rire en voyant la tête qu’il avait à 18 ans 🙂

En arrivant à Otjiwarongo, nous sommes chaleureusement accueillis par Anne et Pascal qui tiennent Hadassa Guesthouse depuis un an. Nous allons passer deux nuits ici et sommes ravis de pouvoir échanger avec eux sur ce fabuleux pays. Les garçons s’amusent avec les deux chats de la maison qui sont trop craquants et super joueurs.

Nous dinons au restaurant Casa Forno. Les portions sont très copieuses et le prix très doux !

Le Roi Lion à Etosha, suite et fin

Ce matin, en faisant le check-out à la réception, je jette un oeil au cahier dans lequel les gens peuvent inscrire ce qu’ils ont vu comme animaux notables (genre y’a pas les antilopes ni les zèbres ni les girafes !) et où ils les ont vus. Je découvre alors avec stupéfaction qu’un lion a été vu hier à 7h15 au point d’eau de Goas. Mais on y est allé à Goas hier et il n’y avait pas une seule voiture et peu d’animaux ! Bizarre…

Comme de toute façon c’est sur notre route puisque nous devons rejoindre Namutoni, on y va. Un lion peut rester assez longtemps au même endroit s’il a mangé alors on croise les doigts.

En arrivant à Goas, nous comprenons qu’hier nous ne sommes pas allés assez loin. Le chemin contourne le point d’eau qui est en deux parties et nous nous sommes arrêtés au premier parking. Grossière erreur !

On voit plusieurs voitures face aux arbres derrière le point d’eau. Bon, a priori, le lion est toujours là. Reste plus qu’à se trouver une place entre les autres voitures. On arrive à se faufiler et là… Wahou !!!!!!! Un beau mâle avec une énorme crinière se prélasse sous un arbre. On a trouvé notre Roi lion ! Du coup, on passe la matinée à guetter le moindre de ses mouvements et le moins qu’on puisse dire c’est que ça dort beaucoup un lion !!!!!

On le distingue mal à gauche sur la dernière photo mais, en réalité, notre lion veille sur une proie qu’il a dû chasser avec ses acolytes qu’on aperçoit plus loin. Ils sont partiellement masqués par des branches mais on voit bien la crinière d’un jeune mâle et la tête d’une lionne. Trop loin cependant et trop à l’ombre pour prendre des photos correctes. Quant à la proie, on hésite entre un éléphanteau et un rhino : c’est gris, c’est gros mais on ne voit pas la tête.

Nos voisins de voiture nous donnent un indice et nous font bien rire au passage ! Ils nous disent qu’hier, ils ont vu le lion au même endroit et qu’il faisait la sieste avec un rhino. On leur répond : la sieste ? vous êtes sûrs ??? Il y a bien toujours un gros truc gris couché à côté de lui mais il a l’air un peu mort, non ? Si regardez, on voit les tripes qui sortent…
On n’est pas chez Walt Disney là, à Etosha, les lions ils les bouffent les rhino, ils ne s’en font pas des copains !

Pendant ce temps, trois gros éléphants sont arrivés derrière nous et prennent un bain.

Bon, c’est bien beau tout ça mais on doit avancer un peu si on veut rejoindre Namutoni avant la nuit. Et nos adorables voisins de voiture nous ont dit d’aller au point d’eau de Kalkheuwel car ils y ont vu plein d’éléphants. Cette fois, on veut bien les croire 😉

Et en effet, il y a un grand troupeau d’une vingtaine de pachydermes. Des petits qui jouent, un bébé qui tète sa mère, des jeunes qui testent leur virilité en faisant mine de charger sur les voitures et sur les girafes, des mâles immenses qui surveillent tout ce petit monde… C’est un véritable spectacle à la fois drôle, captivant et émouvant. Les garçons se marrent car, le bébé étant toujours derrière sa mère, à un moment elle lui fait caca sur la tête (on le voit sur les 3e et 4e photos).

Un bel oiseau multicolore en route : le rollier.

Et aussi le Zazu du Roi Lion, un calao à bec jaune. Remarquez au passage les épines monstrueuses des acacias. Je ne sais pas comment font les girafes pour réussir à manger les feuilles sans se piquer la langue !

Au point d’eau de Chudob, j’arrive enfin à voir une girafe en train de boire. Elles sont trop marrantes quand elles écartent les pattes pour pouvoir atteindre l’eau. Etre grande, c’est bien pour manger les acacias mais pas hyper pratique pour boire au ras du sol !

Vous avez vu Pumbaa le phacochère ?

La girafe du fond chope un truc par terre et le garde dans sa bouche. On dirait qu’elle fume une cigarette ! En fait, les girafes sucent des os qu’elles trouvent au sol ; ça leur apporte du calcium.

C’est alors qu’on aperçoit un éléphant solitaire – un grand mâle – qui sort d’un bosquet. Il se dirige vers le point d’eau mais s’arrête à mi-chemin puis bifurque vers le parking. Tout en continuant à observer les girafes, on garde un oeil sur lui. Il s’approche au bord du parking où sont stationnées deux voitures. Tout à coup, il s’énerve après elles en barrissant. La démonstration d’autorité est suffisamment convaincante pour que les deux véhicules prennent la poudre d’escampette ! Impressionnant ! Avec ses grandes oreilles et sa stature, l’éléphant d’Afrique en impose vraiment.

On termine notre visite d’Etosha en faisant le tour du Fisher Pan où nous croisons encore deux gros éléphants, dont un qui traverse la piste juste devant nous, des girafes, des gnous et deux rolliers.

On doit sortir du parc pour rejoindre notre lodge de ce soir. Je me prend la tête avec la ranger à la sortie du parc car je pensais pouvoir retourner dans le parc demain matin mais elle m’affirme que si on sort, il faudra repayer pour entrer à nouveau. Pourtant, nous sommes le 22 juillet et j’ai payé le 20 juillet à 11h15 un permis pour 3 jours, donc censé être valable jusqu’au 23 à 11h14 ! Oui mais comme on sort, le permis n’est plus valable ! Ca m’énerve !

Heureusement, notre lodge pour la nuit, le Mokuti Etosha Lodge, est top. Super beau et le buffet du dîner est énorme et très varié. On se régale.

Etosha : on peaufine le casting !

Les jours se suivent et ne se ressemblent pas

Laurent a mal au dos à cause des pistes défoncées, donc aujourd’hui c’est moi qui conduis. Nous partons d’Halali avec nos lunch-packs pour midi, bien décidés à compléter notre casting de stars sauvages. Ben faudra repasser un autre jour pour voir des bêtes ! Il doit y avoir un colloque sur un sujet hyper important auquel tous les animaux d’Etosha ont été conviés… Même les springboks qui se comptent habituellement par centaines ont déserté les plaines !!!

A Homob, Sueda, Salvador, Rietfontein, etc… Y’a presque personne !

Pourtant cet arbre si joli au bord du Pan d’Etosha aurait été tellement plus intéressant avec un lion rugissant en-dessous…

Dans la matinée, on voit juste quelques zèbres et un grand koudou mâle avec ses belles cornes torsadées :

On se console en photographiant les écureuils espiègles qui attendent les miettes de notre repas au point d’eau de Moringa qui est occupé par seulement 3 zèbres.

En milieu d’après-midi, on sent une légère amélioration dans notre quête lorsqu’au détour d’un virage, une girafe nous toise de toute sa hauteur au bord de la piste.

Et en effet, juste après un troupeau d’une vingtaine d’éléphant traverse la savane.

En fin de journée, même le plus simple ou le plus moche des animaux (là clairement le gnou peut se sentir visé ! Cet animal n’a pas été gâté par la nature !) paraît beau avec la lumière dorée du soleil qui décline dans le ciel.

L’oryx est l’animal emblématique de la Namibie, il figure sur le blason du pays.

Le chacal est un animal hyper obéissant et respectueux des règles 🙂

Comme le point d’eau de Rietfontein nous a gâtés hier soir, on décide d’y retourner. Sur la route, un rhinocéros traverse la piste devant nous. On dirait que les mouches ont changé d’âne et que la chance nous sourit finalement !

Comme nous sommes garés sur le côté avec les warnings, un autre véhicule s’arrête. On leur montre le rhino mais il disparaît déjà dans les herbes hautes. Pas toujours évident d’être au bon endroit au bon moment.

A Rietfontein, il n’y a que des zèbres et des springboks – les pauvres, après 2 jours on ne les calcule même plus – donc on fait demi-tour pour retourner à Halali avant le coucher du soleil (après le portail ferme et il est interdit de circuler dans le parc). Sur le chemin, un autre rhino traverse la piste dans l’autre sens que celui de tout à l’heure ! On peut être sûr que ce n’est pas le même car ce dernier a la corne coupée (mesure anti braconnage pratiquée par les rangers).

Au point d’eau d’Halali, la présence animale est fidèle au thème de la journée : « animaux absents pour cause de…? » Il y a que dalle ! Ah si, deux zèbres. On regarde le soleil se coucher et on va dîner (la photo est faite à l’iPhone, la définition est pourrie mais on voit bien qu’il n’y a rien !).

Laurent et moi retournons au point d’eau après avoir mangé : rien, nada ! Ah si, deux chacals. Et pis c’est tout.

Le casting du Roi Lion

Ne voulant pas arriver pas trop tard dans le parc d’Etosha, nous avions dit hier soir aux enfants de mettre le réveil. Sauf que Léo a oublié que son téléphone ne s’est pas mis à l’heure namibienne (juste 1h de décalage). Il sonne donc à 6h au lieu de 7h ! Pas vexés pour autant, ils disent avoir apprécié de voir le soleil se lever et ont trouvé ça « trop beau »… Nos ados lève-tard découvrent le monde !

Bon, en réalité, vous aurez constaté que le casting a déjà commencé. On a déjà trouvé Timon à Rostock Ritz, par exemple. Mais c’est au parc national d’Etosha que se déploie le tapis rouge et qu’on trouve toutes les stars. Celui qu’on espère encore plus que les autres, c’est le roi des animaux, j’ai nommé le lion. Il y en a dans le Damaraland mais ils sont difficiles à trouver. A Etosha, ce n’est pas gagné d’avance d’en voir mais on augmente nos chances.

Après un arrêt techniques (courses et plein d’essence) à Outjo, nous entrons au sud d’Etosha vers 11h. Le point d’eau d’Ombika se situe juste après l’entrée, c’est par celui-ci que nous commençons. Un troupeau de zèbres se balade, mélangé à des antilopes et des girafes. Puis deux autruches se pointent avec, entre elles deux, une quinzaine d’autruchons. Ils sont trop chou en file indienne entre maman et papa !

Nous pique-niquons au point d’eau d’Okaukuejo et là, ce sont trois gros éléphants qui se désaltèrent parmi des zèbres et des oryx qui se baignent. C’est top !

On continue vers Nebrowni. Il y a beaucoup de voitures… c’est signe qu’un gros animal est présent au point d’eau. Ah ben oui, on a trouvé la maman de Simba, à moins que ça ne soit Nala, sa copine ! Une lionne se prélasse et tous les autres animaux sont en alerte, à distance respectable du prédateur. Personne ne bouge. Personne n’ose mettre une patte dans l’eau. Le silence règne. Au moindre battement de cil de la lionne, les autres animaux reculent d’un mètre et se pétrifient ! Malheureusement pour nous, elle ne montre que son dos et ne semble pas vouloir bouger. Ça dort beaucoup un lion !

On continue donc vers Olifantsbad où nous trouvons… un troupeau d’une quinzaine d’éléphants prenant un bain, comme le nom du point d’eau l’indique de façon non fortuite. On ne le voit pas tout de suite car il est complètement immergé à notre arrivée, mais il y a un petit avec eux.

Après leur bain, ils passent juste devant notre voiture avant de disparaître dans la savane. On est aux anges !

Deux véhicules de touristes arrivent à ce moment-là et nous demandent ce qu’il y avait à voir. En deux minutes, le point d’eau s’est vidé de son intérêt. Il est désormais désert. A Etosha, comme ailleurs, il faut réunir plusieurs paramètres pour provoquer la chance de voir des animaux : ouvrir grands les yeux, guetter les signes de la nature (vol de vautours, branchages qui craquent, chacals qui rodent…), repérer des traces de pas ou des crottes fraiches, lire les recueils dans les camps et lodges du parc… et malgré cela, il n’est pas simple d’être là où il faut quand il faut ! Nous en ferons plusieurs fois l’expérience.

A Rietfontein, il y a encore des éléphants un peu excités qui s’aspergent de poussière et un beau rhinocéros noir, tout calme dans son coin.

Juste sur le bord de la piste, monsieur autruche (plumage noir = monsieur ; plumage gris = madame) prend la pause.

Avec la tête :

Sans la tête :

On s’installe pour deux nuits dans un chalet à Halali. Après le dîner, nous allons au point d’eau du lodge qui est éclairé toute la nuit. On y reste environ 1h30 et on voit, dans l’ordre d’apparition : 8 éléphants, 5 rhinos, 2 chacals, 2 hyènes tachetées, encore 2 autres rhinos (une maman et un jeune). C’est top top top !!!

Les photos sont un peu floues mais juste pour vous montrer ce que donne le point d’eau éclairé.

Ces deux-là sont restés face à face pendant au moins 15 minutes en grognant et reniflant bruyamment. Le mâle proche du point d’eau refusant que l’autre vienne boire son eau !

Les gravures de Twyfelfontein et le Vingerklip

Une journée un peu plus cool s’annonce. Nous avons peu de route à faire comparé aux autres jours. On prend notre temps au buffet du petit-déjeuner qui est assez copieux, on profite du paysage en se repassant le film de la fin de journée d’hier. Quelle chance d’avoir vu ce troupeau d’éléphants du désert dans des paysages aussi merveilleux !

Vers 9h on se met enfin en route, juste pour parcourir les 2 ou 3 km qui nous séparent du site des gravures rupestres de Twyfelfontein. Ce site est inscrit sur la liste du patrimoine mondial par l’Unesco. Ce sont bien des gravures, et non des peintures, faites par les Bushmen il y a 2000 à 6000 ans. Ils ont gravé le sandstone du Damaraland (sable solidifié) avec du quartz pour communiquer entre familles et aussi enseigner la chasse aux plus jeunes. Les Bushmen étant des nomades, ils gravaient ce qu’ils avaient trouvé comme gibier à chasser, les sources et points d’eau qu’ils avaient localisés, pour que les familles qui passeraient plus tard aient l’information.

Les gravures sont là, sur le flanc de cette montagne de rochers rouges. Sur le rocher ci-dessous, on voit des gravures d’empreintes de pas à côté des animaux. Les bushmen enseignaient ainsi aux jeunes comment reconnaître et associer une empreinte à une animal.

Cette dernière gravure est l’une des plus surprenantes. Il s’agit d’un lion dont les pattes et la queue se terminent par des mains… la marque du chaman !

Un agame des rochers se fait dorer la pilule au milieu des gravures. Ces lézards sont particulièrement beaux, ils ont la tête et la queue orange et le corps violet.

Pour nous rendre à Ugab Terrace Lodge, nous prenons des pistes D plutôt que la piste principale C39. Ca ne roule pas trop mal et nous traversons plusieurs fermes avec des bergeries faites de bois et de terre. A un moment, je sors de la voiture pour prendre une photo et un petit garçon m’interpelle. Il doit avoir 3 ans. Sa mère et sa grand-mère sortent à leur tour de la petite maison qu’ils habitent. Il me fait un sourire timide quand je lui tend deux petites voitures en plastique et un grand au revoir de la main quand nous partons. Dans les champs, sur les bords des routes, tous ceux que nous croisons nous font un signe de la main et un sourire.

En chemin, on croise de nouveau des babouins. Ils déguerpissent dès qu’on arrête la voiture. pas facile de les photographier ces singes !

Pour arriver au Vingerklip, nous prenons encore une piste D, beaucoup moins roulante cette fois. Les passages dans le lit de la rivière à sec nous secouent et il y a pas mal de caillasse.

Le Vingerklip est une curiosité géologique qui fait partie des sites emblématiques de Namibie. Comme un doigt levé vers le ciel, ce rocher qui menace de tomber à tout moment ne mesure que 35 mètres de haut mais on le voit de loin et les paysages environnants ne sont pas sans nous rappeler Monument Valley. Un Monument Valley africain, avec des babouins, des girafes et des antilopes. C’est très chouette comme coin.

Notre lodge est perché en haut d’une falaise. Le chemin d’accès est impressionnant. On ne sait pas quel est le pourcentage de la pente mais on ne voit même plus le capot de la voiture et encore moins la route en montant. Par contre, une fois en haut, ça vaut le coup d’oeil !

Pour l’eau chaude de la douche, le personnel allume un feu à l’arrière de chaque bungalow pour chauffer un ballon d’eau individuel. Ca fonctionne super bien et, au moins, le voisin de chambre ne peut pas piquer notre eau chaude. chacun son ballon !